Alger - Revue de Presse

La loi des mauvaises séries



Les Algériens enregistrent avec amertume la piteuse déconvenue du football national livré aux dérives de l?approximation et du bricolage. Après l?équipe A, c?est au tour de la sélection olympique, engagée dans le tournoi des Jeux africains d?Alger, de connaître une élimination sur laquelle il convient de s?interroger. L?effectif de cette sélection « Espoirs » est en effet constitué de joueurs qui défraient la chronique par le montant des sommes qu?ils exigent pour signer une licence dans un club du championnat national. Ces sommes varient entre cinq à dix millions de dinars pour une seule saison. Le moins que l?on puisse dire est que ces exigences ne sont pas du tout à la hauteur des investissements réclamés. Ce n?est, en tout cas, pas une plus-value pour le football algérien, absent de manière significative des compétitions où peuvent se mesurer les progrès d?une nation. La Zambie était représentée au Mondial des moins de 20 ans dans lequel elle a fait excellente figure. Il est permis de se demander si un footballeur zambien formule les mêmes exigences pour jouer que celles de son homologue algérien. Exigences qui auraient été largement légitimes si ces athlètes payaient de leur personne, sur le terrain, pour hisser haut le renom de leur discipline. Il se trouve que désormais, la valeur d?un footballeur ne se mesure pas à l?aune de ses performances mais de sa cote financière supposée. La sarabande des chiffres place, de ce fait, le football algérien dans une bulle virtuelle où se manifeste une incroyable fringale d?achat de joueurs surévalués au regard de leurs capacités réelles. Cela donne à tous les paliers de la compétition un football sans envergure, dont les animateurs sont des héros sur le papier. Ce sont les jeunes Guinéens et les jeunes Zambiens qui ont cette formidable culture de la victoire qui leur permet de côtoyer les cimes de la gloire. En ce qui concerne le football algérien, les leçons induites par les défaites antérieures n?ont pas été retenues. Bien au contraire, les mêmes erreurs se répètent pour rendre complexe ce qui est simple : le plaisir de jouer et de gagner. Il n?est pas interdit de perdre à la régulière. Cela a été le cas pour les Olympiques algériens qui, face aux Guinéens et aux Zambiens, sont tombés sur plus forts et meilleurs qu?eux. Ce n?est, bien sûr, pas la fin du monde, mais il convient que chacun ait le vrai sens de sa mesure pour que l?on sache que le football algérien est à reconstruire sur d?autres bases que celles qui prévalent aujourd?hui. C?est un sport qui gagnerait certainement à redécouvrir les vertus de l?amateurisme au sens dynamique du mot ; un amateurisme hors de l?emprise de l?argent qui dès lors qu?il devient la seule finalité de l?athlète, entraîne le sport dans le dévoiement. Lorsque un sportif ne raisonne plus qu?en chiffres d?affaire, c?est qu?il a perdu l?idéal du terrain. Ce faisant, il a tout perdu.
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