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La loi de finances 2017 le prévoit



La loi de finances 2017 le prévoit
Le recours à l'endettement extérieur sera probablement acté par la loi de finances 2017, qui prévoit également de nouvelles taxes sur le tabac et les véhicules d'occasion. La gravité de la crise, induite par la chute libre des cours du pétrole, a finalement eu raison de l'intransigeance affichée à plus d'une occasion par le Premier ministre Abdelmalek Sellal qui balayait d'un revers de main cette hypothèse.Younès Djama - Alger (Le Soir) - Les nouvelles mesures qui devraient être prises dans la LF 2017 conditionnent le recours à l'endettement extérieur par deux facteurs : le premier est que le recours à cette option de la dette concerne des investissements créateurs d'entreprises, et le second est que les entreprises nationales qui expriment un besoin de s'endetter à l'étranger prouvent que le niveau de financement d'un projet ne peut être supporté par le financement local. Cela intervient alors que les banques connaissent une forte pression surtout après avoir été sollicitées dans l'opération de l'emprunt national.D'après l'économiste Mohamed Achir, les entreprises algériennes tirent leur croissance grâce à la commande publique, ce qui signifie que toute baisse de cette commande entraîne une baisse du chiffre d'affaires et comme l'Etat ne peut plus financer son budget d'équipement, surtout la partie devise, «il autorisera les entreprises à recourir à l'endettement extérieur avec une certaine garantie de l'Etat».L'Etat a inauguré l'ère de l'endettement déjà avec le projet du port du centre prévu à Cherchell avec des capitaux chinois. Avec ce projet, «on est déjà dans l'endettement, relève M. Achir. En tout cas, c'est un financement avec des capitaux étrangers, donc il faut réaliser des plus-values pour pouvoir rembourser le coût des projets, à défaut, on risque de rembourser plus cher la dépense initiale d'investissement surtout avec l'augmentation des taux d'intérêt et la dévaluation du dinar algérien». Cela s'applique tout autant pour les investissements de la Sonelgaz (qui a déjà annoncé son intention de recourir à l'endettement externe) et la Sonatrach qui n'exclut pas un recours pareil. «Ce n'est pas la dette en elle-même qui pose problème, croit savoir l'économiste, mais la soutenabilité de la dette qui exige de réaliser des plus-values à court terme».L'Algérie encore traumatisée par la dette extérieure des années 1980L'un des partisans de l'endettement, Bakhti Belaà'b, ministre du Commerce, défend l'option et appelle à ne pas la diaboliser. Alors qu'il recevait, en octobre dernier, le président du Conseil chinois pour la promotion de la coopération Sud-Sud, le ministre du Commerce avait révélé que l'Algérie envisageait de contracter un prêt auprès de la Chine pour financer certains grands projets, sans en préciser le montant ni l'échéance.Dans une déclaration, le ministre s'était publiquement interrogé pourquoi beaucoup d'experts diabolisaient l'endettement extérieur. Une démarche qui n'est pas sensée, a-t-il jugé. Désigné parmi les experts de la «Task Force» économique chargée de conseiller le gouvernement, Raouf Boucekkine estime que notre pays est clairement encore traumatisé par la dette extérieure des années quatre-vingt. Il juge nécessaire de dépasser ces «traumatismes» et d'envisager l'endettement extérieur comme un instrument parmi d'autres. Encore faut-il le faire à bon escient.«La situation actuelle fait que le pays n'a aucun intérêt à le faire (endettement, Ndlr). En effet, l'Algérie prête une très grande partie de ses réserves de change à des taux très bas (au maximum 2%) aux grandes économies du monde (Etats-Unis, Europe, Grande-Bretagne et Japon) alors qu'un emprunt international nous coûterait beaucoup plus cher, au minimum 5%», analyse-t-il dans une contribution rendue publique.Selon lui, l'endettement externe «ne doit donc pas être envisagé dans le court terme car il se ferait à un taux élevé alors que nous prêtons nos réserves de change à de faibles taux».
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