La qualité du service demeure un "point faible" dans la logistique en matière d'approvisionnement, en Algérie. Et cela en "fait augmenter le coût". Celui-ci représente "35% du PIB". Ainsi, le coût de la logistique, rapporté au PIB (188 milliards de dollars), s'établit, en valeur, à "65 milliards de dollars" ; c'est colossal. Cela pose un "sérieux problème aux exportations" algériennes. Tel est le constat qu'a dressé Seriai Abdellah, propriétaire de Genisurv, une société spécialisée dans la logistique, à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de l'accréditation, organisée avant-hier, à Alger, par l'organisme algérien d'accréditation Algerac. Seriai Abdellah a ajouté que les "choses n'avaient pas évolué dans le domaine de la logistique, parce que le pays n'avait pas vocation à exporter".Aujourd'hui, poursuit-il, alors qu'il veut se distancier du passé et s'intéresser au commerce international, le pays "prête attention à la logistique, mais le processus reste trop lent par rapport aux objectifs de développement dans ce domaine". Et, du coup, note-t-il, le coût de la logistique "n'a pas encore été réduit", alors que des entreprises se sont mises à exporter davantage de produits qu'à en importer. "Il leur sera toutefois difficile de continuer dans cette voie, dit-il, si on n'arrive pas à améliorer la qualité des services de la logistique et à en faire baisser le coût."
Et, de son point de vue, les difficultés seront "plus accentuées pour les entreprises opérant dans le domaine du ciment". "Dans ce secteur, explique-t-il, plus les sites de production sont loin des ports, plus le coût de la logistique sera élevé." Seriai Abdellah indique, à titre comparatif, que le coût de la logistique dans les pays de l'OCDE se situe autour de "15%". Pourquoi le coût est-il si élevé chez nous ' Le problème réside dans un manque de normes et de clarté des règles d'accréditation. Selon le propriétaire de Genisurv, l'accréditation peut concerner "l'entreposage, les zones logistiques, les ports secs, la manutention, l'empotage (opération de chargement des marchandises à l'intérieur d'un conteneur)?". Intervenant dans ce débat, Loumi Farida, chargée de la qualité et de la conformité à Algerac, a souligné que l'accréditation contribue "à la réduction du coût et du temps liés aux transactions commerciales". De même, ajoute-t-elle, elle "sert les intérêts publics dans tous les secteurs du marché".
Elle donne enfin de "la confiance" à toute la chaîne d'approvisionnement. Loumi Farida a, par ailleurs, affirmé qu'Algerac gagne en "notoriété" en dehors de sa zone d'origine, car, a-t-elle ajouté, il est "reconnu par ses pairs à l'échelle internationale". Effectivement, l'organisme algérien d'accréditation est désormais reconnu par ses pairs européens, à savoir European for Cooperation Accreditation (EA) et International Laboratory Accreditation Cooperation (Ilac). Deux accords sous-tendant cette reconnaissance ont été déjà signés entre Algerac et ces deux instances internationales (EA et Ilac).
Aussi, les certificats qu'il délivre constituent un excellent laissez-passer pour les produits algériens devant leur permettre de conquérir des marchés ailleurs. Nordine Boudissa, présent à cette rencontre, a expliqué que l'accompagnement des entreprises dans la certification et la normalisation de leurs produits est "une étape importante", impliquant des établissements, comme Algerac, et devant jouer un rôle non négligeable dans la mise en place de la stratégie nationale d'exportation.
Youcef Salami
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Youcef Sallami
Source : www.liberte-algerie.com