Fiasco. C'est le seul mot pour qualifier le résultat de la sélection algérienne de football des U20 (moins de 20 ans) au Championnat d'Afrique, qui a quitté la compétition avec un zéro pointé. L'échec est d'autant plus cuisant que l'épreuve continentale est organisée par l'Algérie qui s'est faite complètement rétamée, chez elle. Un de plus. Un de trop. Avant les U20, il y a eu leurs aînés de l'EN dégagés de la CAN-2013 avec pertes et fracas. Avant eux, c'est les U17 qui se sont fait vidés, à Alger, des éliminatoires du Championnat d'Afrique. Et au premier match. Car, cette équipe a joué de chance et est arrivée à la compétition sans disputer le moindre match lors des tours précédents. L'année précédente, c'est la sélection olympique qui se cassera les dents, au premier tour aussi, lors du Championnat d'Afrique des U23 au Maroc. Le drame n'est pas tant que des équipes nationales, dont certaines comptent dans leurs rangs des joueurs, et même des coachs, «importés», échouent, mais que le naufrage soit généralisé à tout le sport. Aucune discipline n'est épargnée. Les sportifs algériens ne sont plus compétitifs. On parle de sport d'élite et de professionnalisation, mais on oublie de traduire ça dans les faits et, surtout, dans les gestes. Le vaudeville qu'ont toujours offert les élections des instances des fédérations sportives illustre parfaitement ce hiatus dont les sportifs payeront le prix au final. Car, c'est eux que le public verra et c'est leur défaite qu'il huera. On peut demander la tête d'un entraîneur, d'un dirigeant, d'un président ou même d'un ministre dont on fera la victime expiatoire. Aura-t-on pour autant résolu le problème de la débâcle du sport algérien ' Bien évidement non. On l'a déjà fait et ça n'a rien changé. Le mal est donc ailleurs, et aussi généralisé que le naufrage. Il est vrai que les académies de formation insuffisantes, les stratégies des fédérations inopérantes et les écoles de clubs inexistantes, ont une grande part de responsabilité. Mais le terreau où l'échec prend racine est à chercher en dehors de ces instances qui sont censées recevoir pour perfectionnement des sportifs ayant fait leur apprentissage et leurs preuves. Et où pouvait-on faire les premiers pas sur un terrain, un circuit ou un tatami si ce n'est à l'école ' La pratique d'un sport, comme la pratique d'un art d'ailleurs, s'apprenait dès les premières années de la scolarité avec un authentique professeur d'éducation physique et sportive (EPS) qui pouvait repérer les graines de champions qu'il alignera dans les compétitions inter-classes et inter-écoles. De l'école au CEM, du CEM au lycée, du lycée à l'université, un circuit de formation était établi, avec stages et compétitions pour forger le corps et l'esprit sportif. Ce seul circuit a produit nombre de champions et d'équipes compétitives que les académies et fédérations, qui prennent le relais de l'université, n'ont eu qu'à maintenir à bon niveau et à encadrer. Ce circuit est aujourd'hui complètement HS. La source tarie, au lieu de la ranimer on est parti chercher ailleurs les champions qui feront la gloire de l'Algérie. Et c'est là la cause du fiasco.
H. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com