Le tout nouveau siège de la Cour d'Alger, dans le quartier du Hamma, a été la cible, dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, de voleurs «spécialisés». Ils ont fracturé les serrures, visité trois étages, pris ce qu'ils voulaient prendre et sont partis sans laisser la moindre preuve de leur passage. Aucune information n'a filtré sur l'objet du casse. On ne sait rien sur les documents qui auraient été subtilisés. Mais il n'est nul besoin d'être grand clerc pour conclure que c'est une opération montée par des professionnels. Ce n'est certainement pas le petit casseur se baladant la nuit avec un pied de biche sous son blouson à l'affût de la maison à cambrioler qui saurait manier une pince-monseigneur, fracturer une serrure et, surtout, aurait le courage de s'attaquer à un bâtiment de l'institution judiciaire, sous surveillance de gardes armés et de caméras, pour y voler des papiers n'ayant aucune valeur marchande, à ses yeux évidemment ! La subtilisation et/ou la destruction de documents sensibles ou compromettants est un travail de spécialistes qui signent leur 'uvre on ne laissant aucune trace derrière eux. Et ils n'en sont pas à leur première avec la Cour d'Alger. Il y a eu des précédents qui montrent que ce sont des actions mûrement réfléchies et minutieusement montées, avec des équipes connaissant leur métier et des cibles verrouillées. L'année dernière, c'était le siège de l'Inspection générale des Douanes, à Alger, qui a été visité. Là encore, selon des sources internes, des dossiers d'enquêtes sur de grosses affaires d'évasion de devises, de détournements et de trafics y auraient été dérobés. Le conditionnel reste de mise, car rien ne transpire sur les détails des enquêtes. A peine une année avant, un incendie a ravagé deux dépôts de marchandises en situation de contentieux judiciaire et de marchandises en instance de dédouanement de la même institution au port d'Alger, site pourtant sous haute surveillance 24/24h. Ce n'était pas un accident, mais bel et bien un acte criminel prémédité, avec vol de sept boîtes d'archives et trois unités centrales de micro-ordinateurs du service contentieux. Tout comme ceux qui ont précédés ou succéderont, les cambriolages et/ou incendies planifiés visent systématiquement les dossiers. A la mairie de Kouba, des archives de l'APC sont parties en fumée. Les flammes ont également dévoré les archives de l'Office national de la culture et de l'information, au lendemain de la méga manifestation budgétivore «Alger, capitale de la culture arabe 2007». Il y a eu l'Hôtel des monnaies, et d'autres vols et incendies qu'on ne peut tous énumérer. Il n'est évidemment pas question d'affirmer que les sinistres ayant ciblé des archives d'institutions sont tous «organisés». Mais le fait qu'il y ait un précédent rend suspect le moindre incident, d'autant plus que les enquêtes annoncées après les vols et les incendies se font vite oublier, comme les grosses affaires de corruption. La justice a du pain sur la planche, et du linge sale à laver, mais pas en famille, si elle veut réellement devenir indépendante et aveugle. H. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com