Pression - La fête de l'Aïd el-Adha arrive deux mois seulement après la rentrée scolaire qui, elle, a été précédée du mois de ramadan, des occasions qui nécessitent de grosses dépenses.
Pas de répit donc pour ces pères de famille fonctionnaires soumis à une grosse pression. Le sourire a déserté les visages et la mélancolie se lit sur des fronts ridés. «D'où voulez-vous que la joie vienne ' Nous sommes comme des esclaves soumis à une corvée interminable.
Rien ne peut nous égayer, nos c'urs sont habités par l'angoisse, le stress et la mauvaise humeur !», rouspète Tahar, chauffeur dans une administration publique. «La joie, c'est comme la viande, les fruits et les voyages.
Elle est devenue l'apanage des riches et des hauts placés», intervient Mohamed, la quarantaine, agent de sécurité à l'hôpital Mustapha-Pacha (Alger). «Le petit employé est réduit à courir sans cesse derrière la baguette de pain.
Sa vie est devenue une série de jours semblables et pleins d'amertume. Ni une fête religieuse ni un événement familial ne peut lui faire oublier sa misère. Nous sommes souvent frustrés et nous frôlons la déprime», déplorent nos interlocuteurs. La bourse des simples fonctionnaires a subi, cette année, une érosion «dévastatrice» en raison de la succession d'échéances budgétivores. Cela a donné le tournis aux concernés qui ne savent plus où donner de la tête et comment parvenir à faire face aux dépenses nécessaires. «Je vous jure que je n'ai pas encore payé les articles scolaires de mes deux enfants. Heureusement que le vendeur est un proche à qui je donne à chaque fin de mois 1 500 dinars.
Pour l'Aïd el-fitr, je n'ai rien acheté et il m'est impossible aujourd'hui d'acheter un mouton. C'est déjà un miracle que j'arrive à subvenir aux besoins élémentaires», témoigne Aâmi Achour, chauffeur dans une entreprise publique de presse. Notre interlocuteur se déplace, chaque fin de mois, à Sétif pour remettre une grande partie de son salaire à son épouse.
«C'est elle qui gère les affaires de la famille, car moi je passe le plus clair de mon temps à Alger, pour travailler. Je me sens souvent malheureux et cette vie n'a plus aucun goût», regrette-t-il.
Pour ne pas gâcher la fête à leurs enfants, des centaines de milliers de fonctionnaires tentent, malgré tout, de faire bonne figure et font même semblant d'être heureux. Voilà un combat psychologique difficile qu'ils doivent mener.
«Le jour de l'Aïd, nous devons nous montrer heureux devant les petits et les proches, même si le c'ur n'y est pas. Car il faut toujours donner l'image d'un homme capable d'assumer pleinement ses responsabilités.
C'est une autre rude épreuve à laquelle nous sommes soumis», affirment nos interlocuteurs, à l'unanimité.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A H
Source : www.infosoir.com