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La jeunesse s'intéresse à la langue de Shakespeare



La jeunesse s'intéresse à la langue de Shakespeare
Au cinquième jour du Salon international du livre d'Alger, les stands anglophones ont connu une affluence particulière.Le Sila 2015 accueille grand monde. Ce samedi, une foule immense envahissait le pavillon central de la Safex. Des files d'attente se forment en permanence au niveau des quatre accès à ce large espace d'exposition. À l'intérieur, les visiteurs jouent des coudes pour se frayer un chemin. Particulièrement devant certains stands. Et ce sont les éditions anglophones qui suscitent pour cette journée la curiosité des Algériens. Pour la plupart de jeunes visiteurs. Ils sont collégiens ou étudiants à l'université.C'est le cas au niveau du stand de l'exposant américain "World Book". Des éditions très prisées par la jeunesse au titre de cette vingtième édition du Salon international du livre d'Alger, qui se déroule du 27 octobre au 7 novembre. La jeune demoiselle et le jeune monsieur à la caisse sont visiblement débordés par les acheteurs. Des jeunes aux bourses très limitées. Ils comptent d'ailleurs bien leurs sous. Et l'exposant américain offre des romans, généralement des polars, à des prix variant entre 400 et 500 DA. La promotion de la langue anglaise en Algérie y est pour beaucoup.Ce pourquoi d'ailleurs des prix sont exclusivement dédiés à l'Afrique, sinon au Sila. Des remises au prix trois fois moins cher, par rapport aux tarifs appliqués dans les pays occidentaux et où la langue de Shakespeare est largement courante. L'exemple le plus édifiant est celui de la branche édition des services américains culturels pour l'Afrique, en l'occurrence "Nouveaux Horizons". Et la jeune clientèle n'hésite pas à échanger des propos dans la langue de l'éditeur.Une certaine rivalité s'installe entre ces jeunes messieurs. La gent féminine est sous le charme, mais il se trouve qu'elle maîtrise la langue un peu mieux que ces jeunes messieurs d'expression anglaise. "Avec une bourse mensuelle de 900 DA, nous ne pouvons pas nous offrir tous les livres que nous jugeons intéressants. Nous nous contentons de quelques lectures que nous permettent nos moyens. Heureusement que les éditions anglophones offrent des bouquins à des prix raisonnables. C'est une occasion pour nous de garnir nos bibliothèques...", témoignent de jeunes étudiants. Et même si tous les collégiens et les étudiants ne se permettent pas des achats, ils sont là pour l'ambiance.La découverte. Toucher de plus près cette culture qui les fascine, souvent à travers les textes et les clips de chansons, les séries télévisées et les films d'expression anglaise. C'est surtout le mode de vie anglophone qui séduit. Ces images marquantes de sociétés ouvertes et épanouies. "À la maison, nous parlons anglais à l'heure du dîner. Mum (maman) ne pige pas grand-chose à la discussion, mais nous lui avons appris quelques expressions. Father (papa) travaille pour une multinationale et il maîtrise bien la langue anglaise. Avec mes jeunes frères qui sont aux collèges, nous faisons des lectures de groupes, nous reproduisons des textes de chansons ou carrément des scènes de séries télévisées ensemble", raconte toute fière la jeune Soumia, étudiante en deuxième année de licence en langue anglaise. La représentation diplomatique de la Grande-Bretagne a visiblement bien saisi l'enjeu. Le stand du "British Council" est bien animé. Il n'y a rien à envier aux discussions familières des quartiers de la rive sud de Londres. Les jeunes visiteurs s'en sortent bien.C'est aussi le cas au stand des Etats-Unis d'Amérique, où l'ambassadeur Madame Joan A. Polaschik est très active. Du côté des éditions françaises, pays à l'honneur de l'édition du Sila 2015, il n'y a pas moins d'affluence. Mais c'est que la tranche d'âge des visiteurs est un peu avancée. L'ambiance est moins conviviale. Ils feuillettent les livres dans le calme et le silence. Cependant, les achats sont importants. Particulièrement chez les éditions "Folio" et "Gallimard". Côté éditions à caractère "religieux" et "culinaire", les achats se font par dizaines d'exemplaires.Des commandes en gros. Certainement destinées à la revente. Tout un pavillon a été consacré à cette catégorie de livres. Les visiteurs, généralement en barbe et kamis, ont des allures de commerçants. Ils quittent l'espace avec des cartons bien remplis. Les agents des douanes mobilisés à l'occasion pour empêcher ce genre de pratiques semblaient dépassés par l'amplitude de ce phénomène.M. M.


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