Alger - Revue de Presse

La jeunesse algérienne, tare ou atout '



Et comme à  l'accoutumée, les observateurs et autres politiques sont incapables de formuler des solutions à  même d'arrêter une saignée sans cesse grandissante. D'une part, les uns se contentent d'effets d'annonce largement amortis par l'âge minimum du vote ; les autres n'ont qu'une seule phrase mais pas d'idées ni d'alternative : le changement du système. Entre les deux il existe, à  court terme, des leviers à  actionner pour mettre fin à  l'impasse de la jeunesse, car à  long terme, seule l'école (au sens large du terme) peut ancrer chez les jeunes l'esprit de responsabilité et d'initiative, antithèse de la débrouille et de la hantise obsessionnelle du visa.
L'emploi des jeunes a été dressé par l'Etat comme un rempart incontournable au chômage massif chez les jeunes. On se rend bien compte que cela demeure insuffisant. Pis encore, un jeune concerné lambda analyse la chose autrement : avant je n'avais pas de boulot, mais maintenant je n'ai toujours pas de boulot mais j'ai aussi des dettes et la banque et les huissiers aux trousses ! Ce qui devait constituer l'atout majeur de ces dispositifs ventilés sous trois formes (Ansej, CNAC et Angem) n'est en fait que leur talon d'Achille : le fonds de garantie.Ce dernier assure aux banques un dédommagement en cas de faillite des promoteurs, d'où une certaine légèreté dans leur traitement. Quant aux jeunes bénéficiaires, ils s'abritent souvent derrière cette disposition pour narguer les banquiers et justifier leur défection ! Sans compter qu'une partie non négligeable de ces crédits sont adossés à  des jeunes non concernés par l'activité ni le projet : tout simplement des prête-noms ! Les différés de crédit, généralement d'une année, et surtout l'absence d'accompagnement et d'encadrement des jeunes n'arrangent pas les choses. Est-il normal de mettre à  la disposition d'une jeune de 20 ans, sans aucune formation ni notion économique ou financière, des sommes à  ce point astronomiques, avoisinant parfois 10 millions de dinars (coût maximum du projet) ' La première correction doit donc se situer en amont : mettre des experts comptables et des spécialistes en management et ressources humaines à  la disposition de ces jeunes durant les différentes périodes de la vie de leur entreprise (marketing, acquisition de marchés, gestion de l'endettement et stratégie à  long terme). Autre solution : segmenter les appels d'offres nationaux de manière à  ce que les microentreprises ne se retrouvent pas en concurrence avec des PME, ce qui oblige généralement les promoteurs, pour des impératifs de «plan de charge», à  casser les prix et même à  travailler à  perte !
Un autre élément n'est pas à  négliger : la création de banques spécialisées dans le financement des microentreprises, une vocation à  même de répondre plus rapidement et spécifiquement aux besoins des entrepreneurs ; les banques classiques ayant plus tendance à  satisfaire la clientèle dite commerciale, plus rentable pour cause de bonification des taux d'intérêt. Ces mesures, qui peuvent s'avérer coûteuses, peuvent àªtre financées en relevant ce taux d'intérêt. Le tout en misant sur une plus grande réussite et l'efficacité escomptée de ces microentreprises. Mais est-ce que tous les jeunes ont vocation à  àªtre auto-entrepreneurs ' Absolument pas ! Les efforts de l'Etat en la matière, à  travers la création de l'Agence d'aide à  l'emploi (ANEM), peuvent àªtre optimisés. Notamment par un partenariat Etat-entreprise pour la formation puis l'embauche automatique, moyennant des avantages fiscaux proportionnels à  l'adresse de l'entreprise. Un système également valable pour les universitaires, stagiaires en entreprise l'été, puis recrutés par l'entreprise à  la fin de leurs études. Certaines entreprises privées ont testé avec succès ces méthodes, avec des travaux de recherche dédiés à  l'entreprise qui recrute. Que de fois n'a-t-on pas entendu des chefs d'entreprise, de quelque secteur que ce soit, se plaindre de l'absence de main-d'œuvre et faire appel aux travailleurs chinois ' Plus généralement, et même si le malaise actuel des jeunes dépasse et déborde le volet du travail et du chômage, il paraît opportun de réfléchir, avec ces moyens et d'autres, à  employer ces énergies pour le développement de l'économie nationale, avec, en aval, un apaisement social certain.   Aliane Merouane. (cadre financier)
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