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La Haute couture, une chance possible pour une industrie textile algérienne à l'agonie



La Haute couture, une chance possible pour une industrie textile algérienne à l'agonie
Rym Menaifi (gauche) et Princesse Zazou (droite) deux stylistes algériennes sélectionnées pour le défilé du samedi 8 juin (N.Rondeleux)
L'Algérie recèle de créateurs de mode renommés dont le travail sera présenté, demain à l'hôtel El Aurassi d'Alger, dans le cadre du concours « Créateurs des deux rives », initié par l'association France-Algérie Rhône-Alpes (AFARA), auquel participeront neuf stylistes algériens et français. L'occasion pour le monde de la Haute couture de lancer un appel au monde industriel. Si l'industrie textile se meurt, le secteur de la mode, lui, s'éveille sous l'impulsion de créateurs dont la renommée s'internationalise mais qui peinent à faire (re)connaître leur travail en Algérie. « Le milieu de la mode n'est pas très structuré donc chacun travaille un peu dans son coin», explique Karim Sifaoui, commissaire du défilé et couturier, lors de la conférence de presse organisée mardi dernier à Alger. Autre frein, bien plus grand, à l'envolée des stylistes algériens : l'absence d'une industrie textile.
Malgré tout, il existe des créateurs en Algérie reconnus en dehors des frontières. Parmi eux, Rym Menaifi, Hania Zaazoua (Princesse Zazou), Amor Guellil et Najib Alioua, dont les « oeuvres » seront présentées demain à Alger, au cours du défilé organisé par l'AFARA, en partenariat avec l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), le Ministère de l'Industrie, de la PME et de la promotion de l'investissement et l'Institut français. « La première partie du concours s'est déroulée à Lyon le 28 mars dernier où les collections des neuf stylistes sélectionnés parmi 35 candidatures ont été dévoilées à un jury de professionnels de la mode », a précisé Karim Sergoua, commissaire du défilé.
Vers un partenariat « gagnant-gagnant » artisans-artistes
La participation du Ministère de l'Industrie, de la PME et de la promotion de l'investissement à l'organisation de l'événement se veut un signe d'encouragement au développement d'une industrie textile mourante, a souligné Amel Boudebbouze, chef du département Arts visuels et patrimoine de l'AARC. Pour les organisateurs, la création Haute couture offre, en effet, l'opportunité de redynamiser un secteur textile moribond. « A travers ce défilé, nous voulons prouver aux Algériens qu'il y a une création Haute couture chez les jeunes artistes algériens qui peut être réutilisée par le prêt-à-porter », a déclaré Jean-Claude Voisin, directeur de l'Institut français d'Alger.
Hania Zaazoua dit Princesse Zazou, créatrice de la marque BROKK'ART (Ph N.Rondeleux)Hania Zaazoua dit Princesse Zazou, créatrice de la marque BROKK'ART (Ph N.Rondeleux)
Au-delà des mots, les liens entre les deux mondes commencent à se tisser sur le terrain, à l'image du travail de la styliste Hania Zaazoua surnommée Princesse Zazou. Cette designer-créatrice de 37 ans qui présentera au défilé sa première collection de vêtements a confectionné ses créations avec du tissus d'ameublement provenant d'une usine fermée de Mascara. « Pour trouver mes tissus, je flâne beaucoup. C'est comme ça que j'ai découvert cette boutique de tissus de robes de mariage à Béjaïa dans laquelle se trouvaient six rouleaux de tissus différents provenant d'une usine de fabrication de tissus de Mascara qui avait fermé », raconte la souriante styliste.
« Outre l'originalité des tissus et leur caractère unique, le fait qu'ils proviennent du pays, d'une industrie fermée qui plus est, a été décisif car je suis convaincue que les stylistes ont un rôle à jouer auprès des autorités publiques pour les inciter à développer le secteur industriel », poursuit la créatrice de la marque BROKK'ART. Un message qui résonne comme un « cri de confiance », selon les mots du directeur de l'Institut français d'Alger, lancé au monde de l'industrie et de la Haute couture algérienne.
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