C'est un gouffre financier qui relance l'inflation, creuse le déficit budgétaire, détériore la balance commerciale, épuise les ressources en devises. Dès 1957, il faut freiner l'expansion et renoncer aux dépenses sociales.
Par ailleurs, le conflit algérien provoque une profonde crise morale: des intellectuels, des étudiants, des jeunes, des représentants des Eglises réclament la fin d'une guerre conduite contre les aspirations nationales d'un peuple et protestent contre l'utilisation de la torture. Enfin, la Guerre d'Algérie fait éclater la majorité de Gauche, victorieuse aux élections de 1956, et paralyse le pouvoir. Une partie de la majorité rejette en effet la politique du gouvernement de Guy Mollet. Les ministères qui se succèdent en 1957 - 1958 cherchent une solution politique à la crise algérienne, mais sans oser le dire, car ils manquent d'autorité pour l'imposer au Parlement, aux Européens d'Algérie et à l'armée. Le pouvoir est paralysé et la guerre débouche sur une crise de régime. Mais l'Algérie française trouve aussi des défenseurs chez les intellectuels de gauche. Pour une partie des socialistes qui suivent leur secrétaire général, Guy Mollet, pour des intellectuels comme l'ethnologue Albert Bayet, l'indépendance algérienne constituerait un renoncement à l uvre civilisatrice de la France qui a implanté en Algérie le progrès, la laïcité, les droits de l'Homme et qui abandonnerait la population algérienne à un islam réactionnaire, clérical, rétrograde. Certains intellectuels de droite se radicalisent à partir de 1960. On retrouve de nombreux professeurs et écrivains au colloque de Vincennes de juin 1960 qui rassemble les partisans de l'Algérie française ou parmi les signataires en octobre 1960, du «Manifeste des intellectuels français» qui dénonce les «121» comme des «professeurs de trahison». Enfin, quelques-unes appuieront l'OAS tout en réprouvant les attentats sanglants organisés par celle ci.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Nouvelle République
Source : www.lnr-dz.com