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La grève, et puis '



La grève, et puis '
Demain et pour trois jours, l'intersyndicale autonome de la fonction publique remettra le couvert de la grève comme elle l'avait promis en début de mois. Ce débrayage sera suivi, une semaine plus tard, par trois autres jours d'arrêt de travail avec au milieu de ce cycle de protestation des sit-in locaux, régionaux et un rassemblement devant l'APN, le 27 novembre.Si l'Etat semble s'accommoder de l'option de la grève, il en est autrement de ces sit-in sur la voie publique et particulièrement celui programmé dans la capitale. Il ne fait aucun doute qu'on va assister à une surenchère entre le gouvernement et les syndicats frondeurs avec comme point d'orgue la date du 27 qui sera certainement au centre de pourparlers. Alger étant une place forte et interdite de rassemblement, l'action syndicale n'y sera pas tolérée à plus forte raison devant le siège de la chambre basse. Le pouvoir craint par-dessus tout un point de fixation de la grogne qui pourrait devenir un lieu de rassemblement populaire difficile à démanteler.Si la première réponse du gouvernement est à chercher dans l'arsenal répressif, il est fort à parier qu'on entendra très prochainement parler de cette fameuse liste des métiers pénibles et des indiscrétions seront savamment distillées à l'adresse des médias pour essayer d'ébrécher le mur syndical. En effet, laisser entendre que l'enseignement ou la santé font partie de cette liste suggérerait logiquement que leurs syndicats respectifs se retirent de la protestation. Théoriquement. Le bras de fer, qui n'a que trop duré au grand dam des Algériens, risque encore de faire des vagues parmi les fonctionnaires de nouveau douchés par les dernières déclarations du patron du RND, Ouyahia, qui leur a prédit des lendemains difficiles avec zéro augmentation et risque de cessation de paiement des salaires. Des propos, loin de réconforter les syndicats mais qui peuvent par contre donner plus de crédit à ces derniers et constituer la meilleure publicité pour davantage d'adhésion à la protesta.Le gouvernement, et avant que la situation n'empire et ne s'inscrive dans la durée, devra revoir sa façon de gérer ce dossier des retraites et ne plus jouer la montre et l'usure. Pour les syndicats, cette manière de faire est apparentée à du mépris à leur égard et rien que pour cela, le prix à payer risque d'être élevé pour le simple citoyen. Cette grève, au-delà de sa légalité devant la loi ou de sa légitimité sociale, va prendre de nouveau l'Algérien en otage, celui qui scolarise ses enfants dans les écoles de la République et se soigne dans les dispensaires de l'arrière-pays. A lui, personne ne demande son avis et parfois c'est mieux ainsi !
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