Par Karima Mokrani
Sans surprise aucune, l'appel de l'Intersyndicale de la santé publique (ISP) à une grève nationale de trois jours, avec effet à partir d'hier, a eu un écho favorable auprès des différentes corporations du même secteur et ce, à l'échelle nationale. Les structures de santé, toutes catégories confondues, étaient paralysées par le mouvement contestataire, à la grande indignation, encore une fois, des citoyens mais aussi des gestionnaires de ces établissements. Le taux de suivi de la grève est estimé à une moyenne de 80%, selon le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp). Selon lui, l'écho est favorable partout dans toutes les wilayas du pays, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, dans les grandes et les petites villes. «Le taux de suivi le plus faible est de 65%», dit-il, insistant sur la question du service minimum que certains syndicats négligent, sans se faire le moindre reproche, lors de l'organisation de ces actions de protestation : «Nous assurons le service minimum. Nous invitons les responsables du ministère de tutelle à le vérifier de près. Malheureusement, même cela ne les intéresse pas. Cela confirme davantage que la santé des Algériens est loin d'être une priorité pour nos gouvernants.» Le syndicaliste est d'autant plus indigné qu'aucune réaction du ministère ne leur est parvenue depuis le dépôt de leur préavis de grève : «Je vous le dis, c'est l'indifférence totale. La santé des Algériens n'est pas une priorité pour nos gouvernants.» En revanche, indique-t-il, «les entraves au mouvement protestataire et la pression sur les délégués syndicaux ne s'arrêtent pas». Selon lui, des directeurs d'établissements de santé usent de tous les moyens pour faire pression sur les représentants des différents syndicats en grève. Certains sont même allés jusqu'à faire des réquisitions. «Je cite particulièrement Blida et Alger. Des collègues à nous ont été sommés de se présenter dans leurs services et assurer leur travail normalement, alors que rien ne justifie cela. Notre grève est légale. Cela fait plusieurs jours depuis que nous avons déposé le préavis de grève et le service minimum est assuré partout dans les établissements.» Et le Dr Merabet d'insister encore : «Ces réquisitions sont injustifiées. Seule l'autorité judiciaire est habilitée à le faire. A défaut, les walis et cela quand le service minimum n'est pas assuré. Ce qui n'est pas le cas. Il n'y a vraiment pas de raison de recourir à ces réquisitions.» La grève se poursuit aujourd'hui et aussi demain, mercredi, avec un rassemblement devant le siège du ministère de tutelle. Revendications principales des grévistes : amendement du statut particulier et ouverture d'un dialogue sérieux avec le ministre et ses collaborateurs. Ces derniers qui pourtant se sont engagés précédemment à ouvrir les portes du département ministériel au partenaire social pour débattre de tous les problèmes du secteur. Engagement non respecté malgré les instructions du Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Chose que déplorent fortement les membres de l'intersyndicale.
K. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Photo S Zoheir
Source : www.latribune-online.com