Alger - A la une

La Grande-Poste, un jour de manif



Alger. Grande-Poste. En bas de l'imposante bâtisse, les petites terrasses de café ont laissé place au dispositif policier. Tables et chaises pliées, entassées par endroits, la placette est complètement dégagée.Les flics sont là, les fourgons blindés aussi, stationnés le long de la parcelle de pavé. Il est 11h passées et les médecins résidents ne se manifestent toujours pas. Les Casques bleus grincent des dents sous le soleil de plomb de la mi-journée.
Ils attendent le moment de passer à l'action. Les policiers en civil ont plutôt l'air décontracté. Sous l'ombre qu'offrent les arbres de la placette, ils scrutent des yeux les passants. Voici deux jeunes gens. Une jeune fille en jean, baskets, pull léger et sac à dos. Un jeune homme en training et veston en cuir. Ça sent les manifestants. Un policier en civil tend le bras pour leur bloquer le passage.
Il les aborde plutôt gentiment pendant que ses trois collègues se dressent l'un à côté de l'autre, comme pour former un obstacle humain : "Bien le bonjour à vous, c'est la police, vos papiers s'il vous plaît." Les deux jeunes gens auxquels on venait d'interrompre la conversation, marquent un arrêt, puis gardent le silence pendant un moment.
Le policier en civil, pensant avoir lu dans leurs pensées, enchaîne sur un ton amusé : "Ça vous étonne, n'est-ce pas ! Un jeune beau gosse comme moi qui vous interpelle, puis qui vous dit... Police ! Hein !" Pas très impressionnés, les deux jeunes gens ne collaborent pas aussitôt. Visiblement contrarié, un des quatre policiers en civil intervient : "On les emmène au bureau." C'est-à-dire dans un fourgon de police doté de moyens techniques pour faire l'identification.
Le jeune homme finit par présenter ses papiers. Ils ne seront pas embarqués. Ils seront plutôt suivis. Sur le boulevard Mustapha-Benboulaïd, un vieux papy en chemise d'été, sandales et chapeau de paille, fait le touriste. Un autre policier en civil. Il prend les deux jeunes suspects en photo. Il faut bien justifier sa journée...
Mehdi Mehenni
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