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La grande pagaille



La grande pagaille
La journée a été des plus mouvementées à Sidi M'hamed.Si à Alger-Centre de nombreuses familles ont été déplacées dans le calme vers les nouvelles cités de Dergana, le départ précipité a été mal accueilli par plusieurs habitants de la commune de Sidi M'hamed.Le n°80 de la rue Embarek, située entre les APC de Belouizdad et celle de Sidi M'hamed, est le parfait exemple du mécontentement des familles appelées à rejoindre leurs nouveaux appartements dans la périphérie est de la capitale. Elles ont été délogées afin d'être envoyées vers la nouvelle cité de Dergana qui a ouvert ses portes hier à des centaines de familles issues pour la plupart des habitations de fortune sur les toits et les nombreuses caves.Pour rentabiliser le déplacement d'hier, la wilaya d'Alger a ordonné le transfert d'une dizaine de familles résidant au n°80 rueEmbarek à Sidi M'hamed. Les habitants rencontrés sur place ont tenu à manifester leur colère, affirmant que c'est un reclassement non conforme.«On nous a contactés vers 20h la veille du départ pour nous demander de nous préparer à partir 6h. Après cela, nous apprenons que nous ne bénéficierons que d'un seul logement où nous nous entasserons à 7 personnes», s'écrie un père de famille. Un important dispositif policier a également été mis en place afin d'éviter tout risque de débordement ou d'altercations. «Nous ne sommes pas issus des bidonvilles pour qu'un tel dispositif soit déployé», fait remarquer un résidant rencontré sur place. Les habitants ont également dénoncé une forme de hogra.Il faut savoir que ces derniers détiennent, pour la plupart d'entre eux, des actes de propriété qui les lient à leur demeure.«Nous sommes propriétaires depuis plus de 40 ans, nous avons entre nos mains des actes de propriété en bonne et due forme, qui nous garantissent nos droits.Si nous devons quitter nos logements, nous voulons être indemnisés à une juste valeur», se défend une vieille dame, qui fait allusion à l'assiette de terrain qui sera récupérée après la démolition du bâtiment vétuste. L'autre appréhension des déplacés est bien sûr le type d'appartement qui leur sera affecté, d'autant plus qu'il s'agit de familles nombreuses. «Ils refuseront de quitter leur ancienne demeure si c'est pour vivre à plusieurs dans un seul appartement», déclare un riverain, qui affirme que l'assiette foncière sera certainement récupérée par l'hôtel mitoyen du terrain en question.Un second problème s'est posé au cours de la journée d'hier : celui des locaux commerciaux situés sous les habitations à démolir. Il faut savoir que l'immeuble en question donne sur la grande rue Belouizdad, une artère fréquentée par des milliers de personnes chaque jour, ce qui la rend fortement commerciale.Les 15 commerçants ne voulaient pas quitter les lieux et ont entamé une action judiciaire contre la wilaya. «Nous sommes tous propriétaires, à l'instar des habitants, on nous a demandé de quitter les lieux, nous n'avons en aucun cas rechigné, mais nous n'allons pas être indemnisés»,dénonce l'un des propriétaires.Un autre reprend en affirmant : «Cela fait plus d'une année que nous essayons de régler nos différends avec l'APC de Sidi M'hamed, mais à chaque fois que nous nous y rendons nous sommes orientés vers la daïra, personne n'a de réponse concrète à nous fournir. Selon nos informations, le jugement définitif devrait être prononcé dès demain par le tribunal de Bir Mourad Raïs, nous espérons qu'il sera en notre faveur, si ce n'est pas le cas, nous demanderons une indemnisation totale et équitable.»


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