Les familles de disparus crient à l’injustice
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A quelques jours seulement de l’expiration du délai accordé par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, les familles de disparus ne semblent pas vouloir baisser les bras et renoncer à leurs revendications...
Les trois principales organisations de familles de disparus, à savoir le Comité de l’union des familles de disparus (CUFD), l’Organisation pour la défense des victimes de la tragédie nationale (ODVTN) et l’Alliance des parents des disparus (APD), s’interrogent dans un communiqué parvenu à notre rédaction d’Alger sur les suites réservées à leurs doléances dans le cadre de l’application des textes liés à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ce document s’adresse, en réalité, au Premier magistrat du pays à l’effet d’attirer son attention sur un certain nombre de dépassements constatés dans l’application de cette charte approuvée par un référendum populaire. Pour les rédacteurs du communiqué, la gestion du dossier des disparus est loin de correspondre à leurs attentes.
Ils soutiennent avoir constaté sur certaines listes, «la suppression de noms de personnes décédées et de disparus dont les dossiers ont été dûment déposés auprès de la commission d’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, présidée par Maître Farouk Ksentini». «Des erreurs sont, également, signalées pour ce qui concerne les actes de décès établis par certains tribunaux», affirment les représentants des trois associations. «Non à la politique de marginalisation et d’exclusion», prônent les rédacteurs du communiqué qui rappellent que «le décès, une fois reconnu, ouvre droit, de facto, à une compensation (capital décès)». Il est également demandé aux autorités d’orienter les familles disposant de jugements de décès vers les greffiers qui sont tenus, eux, de délivrer, aussitôt, des copies exécutives de l’arrêt de justice et de son expédition au procureur de la République et au service d’Etat civil de la commune de résidence.
Les familles de disparus déplorent, en outre, «le retard constaté dans la délivrance des attestations de reconnaissance de la qualité de famille nécessiteuse», ouvrant droit, notons-le, à des indemnisations. Malgré le respect des procédures édictées et le dépôt de dossiers complets dans les délais prescrits, ces familles s’étonnent de ne recevoir, depuis plusieurs mois, aucune réponse.
C’est pourquoi elles sont à demander aux pouvoirs publics de réviser la procédure en vigueur et de régler le problème au moins avant le début du mois de Ramadhan. Les familles de disparus proposent, par ailleurs, l’ouverture de bureaux au niveau des commissions wilayales à l’effet d’enregistrer les recours. Pour ce qui concerne les dossiers approuvés, les trois organisations demandent l’accélération de l’octroi des chèques dès lors qu’il est reconnu la qualité de «famille nécessiteuse». En conclusion, les organisations des familles de disparus soulèvent le cas des personnes décédées lors des mutineries des prisons de Berrouaghia et de Serkadji survenues respectivement en 1994 et 1995, une période, du reste, très douloureuse pour l’Algérie contemporaine qui n’en finit pas, notons-le, de panser ses plaies.
Mohamed-Chérif Lachichi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com