Des anciens combattants français ont affirmé que, 51 ans après la fin de la guerre d'indépendance nationale, leur pays se doit de reconnaître ses responsabilités dans les crimes commis pendant toute la durée de la colonisation en Algérie.
"La France, par la voix des plus hautes autorités de l'Etat, se doit de reconnaître et de condamner les crimes d'état ainsi que les crimes contre l'humanité commis au nom de notre pays en Algérie, pendant la colonisation et pendant la guerre de libération", ont-ils déclaré dans une lettre adressée au président François Hollande au nom de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC).
Sanctionnant le congrès de son comité départemental des Yvelines, la lettre ouverte de l'ARAC au chef de l'Etat français se propose, notamment, de faire "le point" après la visite officielle de M. Hollande en Algérie, en décembre dernier.
Commentant l'intervention du président français devant le Parlement algérien, durant laquelle il avait "reconnu les souffrances infligées par la colonisation" et que, pendant 132 ans, "l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste, brutal", l'Association française rappelle que ce système n'a pas été seulement "injuste et brutal", mais un "système criminel où les tortures, les enfumades, les répressions sanglantes, les exécutions sommaires étaient des pratiques courantes même avant le déclenchement de la Guerre de Libération, où, là, le paroxysme a été atteint (...)".
A propos de la mémoire relative à la guerre d'indépendance nationale, les anciens combattants français ont dit apprécier le "geste symbolique" accompli par le chef de l'Etat français en déposant une gerbe, le 20 décembre, au Monument aux Martyrs de la Guerre de Libération, mais regrettent que les "crimes contre l'humanité que furent la torture, les viols, les villages rasés au napalm, les conséquences des essais nucléaires dans la région de Reggane, des essais des armes chimiques, les centres d'internement pudiquement appelés centres de regroupement, les crevettes Bigeard, les corvées de bois, (...) n'aient pas été reconnus comme tels ni condamnés".
Ils ont demandé, à cet effet, à leur président une "expression forte" au nom de la France pour que "les pages sombres vécues entre l'Algérie et la France puissent être tournées dignement, permettant ainsi de créer les meilleures bases pour un réel traité d'amitié entre les peuples d'Algérie et de France".
Créée en 1917, l'ARAC s'assigne comme principaux objectifs de promouvoir les idéaux républicains de liberté, d'égalité et de fraternité, de lutter contre le colonialisme et le fascisme, et de cultiver la Mémoire de l'Histoire "dans un esprit de vérité".
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz