Sarkozy veut placer le TGV, l’Airbus et les centrales nucléaires
L’Algérie et la France ont signé d’importants contrats commerciaux portant pour l’essentiel sur la livraison d’équipements structurants pour la modernisation des tramways d’Oran et de Constantine, la gestion du métro d’Alger, la maîtrise d’œuvre de l’autoroute Est-Ouest, une ligne ferroviaire, une usine pétrochimique, des barrages et des centrales thermiques pour un montant de 5 milliards d’euros.
Le président Sarkozy en veut plus. «Demain, je l’espère, ce sera le train à grande vitesse, l’Airbus et les centrales nucléaires», a-t-il annoncé. Pour le chef de l’Etat français, cette relation économique est «exceptionnelle», mais la «position (de la France) n’est pas un droit acquis» car, a-t-il dit, «l’Algérie est un pays libre, indépendant, qui décide librement» et la France «respecte ses choix et ses décisions». Le groupe pétrolier TOTAL devait annoncer un investissement de 1,5 milliard de dollars dans un vapocraqueur à Arzew, dont le coût global est estimé à 3 milliards en partenariat avec Sonatrach. Gaz de France, de son côté, a l’intention d’investir un milliard de dollars dans un gisement gazier et reconduire jusqu’en 2019 ses contrats d’approvisionnement en gaz algérien. Total a d’autres projets dans l’exploration et la production, de même que Gaz de France (GDF), à hauteur d’un milliard de dollars. La France compte consacrer 2,5 milliards de dollars au programme de privatisation algérien et à d’autres investissements prévus par des grands groupes comme Lafarge, Air Liquide et Saint-Gobain.
Ces derniers ont été autorisés à racheter respectivement les entreprises publiques Alver, Sovest et Sidal. Une vingtaine de sociétés françaises sont candidates au rachat d’entreprises publiques algériennes. Hors hydrocarbures, les investissements directs français ont progressé plus vite que la moyenne, atteignant 294 millions de dollars en 2006. Les 250 filiales d’entreprises françaises implantées en Algérie représentent 22.000 emplois directs et 100.000 indirects et les hydrocarbures représentent 95% des importations françaises, soit plus de 4 milliards d’euros en 2006. Les échanges franco-algériens ont représenté 8,1 milliards euros en 2006 et, durant les 9 premiers mois de 2007, la France est devenue excédentaire de 698 millions d’euros grâce à une forte contraction de ses importations et malgré l’appréciation de l’euro. La part française du marché algérien s’est cependant effritée, passant -pour la première fois sous la barre des 20%- à 18,7% en juin 2007. La moitié des exportations françaises est réalisée par des PME qui profitent de l’attrait prononcé des Algériens pour les produits français. Intervenant devant le président français et les hommes d’affaires des deux pays, le ministre de l’Industrie et de la Promotion des Investissements, Hamid Temmar, a souligné que cette rencontre marque la qualité des relations économiques entre l’Algérie et la France où «seules les entreprises ont en main l’approfondissement de ces relations». Toutefois, a-t-il fait observer, les relations commerciales entre les deux pays ont été marquées par une «baisse brusque» de près de 50%. En outre, le ministre algérien a appelé les entreprises françaises à intervenir davantage dans les programmes de développement et d’investissements en Algérie et à intensifier les échanges. Temmar a surtout souhaité que les grandes entreprises françaises «réajustent leur stratégie de partenariat» vis-à-vis de l’Algérie tout en les assurant que le ministère qu’il dirige sera «disponible pour les accompagner pour la concrétisation de leurs projets d’investissements». Le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Réda Hamiani, a, pour sa part, appelé les entreprises françaises à «saisir les opportunités d’investissement» en Algérie offertes par un climat approprié. Il a indiqué que ce genre de rencontres «renforce la confiance entre les hommes d’affaires des deux pays» et «influe sur le contenu de partenariat économique algéro-français». Il a rappelé en ce sens que le Conseil des hommes d’affaires algéro-français, mis sur pied en juin dernier, «travaille à créer des liens d’affaires et de partenariat à l’effet de conclure des contrats d’investissements». Hamiani a rappelé à cette occasion que le Conseil a «réussi à augmenter le volume des investissements directes étrangers (IDE) en Algérie», appelant à cet effet les entreprises françaises à «poursuivre leurs efforts» en vue de diversifier leurs investissements et «profiter des opportunités offertes par l’économie nationale». De son côté, Mme Laurence Parisot, présidente du MEDEF, a indiqué que près de 150 hommes d’affaires représentant de grandes entreprises françaises dans les domaines de l’électronique, des travaux publics, du transport et des PME participent à cette rencontre «pour savoir comment aller plus loin dans le partenariat algéro-français». «Cela n’est pas, pour moi, un signe de frilosité du côté français», a-t-elle dit, soulignant pour preuve que son pays est «le premier investisseur en Algérie hors hydrocarbures». «Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des choses à améliorer», a-t-elle admis, appelant à la levée de «certains handicaps fonciers et contraintes liées au système bancaire, notamment». Elle a annoncé, par ailleurs, l’organisation, durant le 2ème trimestre 2008, d’une rencontre regroupant les patrons des pays méditerranéens pour «lancer une réflexion sur l’apport du projet de l’Union méditerranéenne dans le développement de la région». S’exprimant sur ses projets en Algérie, le P-DG de Gaz de France, Jean-François Cirelli, a indiqué que sa compagnie va engager un investissement de plus d’un milliard de dollars dans le Sud algérien qui permettra de créer plus de 400 emplois dans les spécialités notamment de l’exploration et de la production. Précisant que GDF est client de Sonatrach depuis 1965 et son premier client européen en GNL, Cirelli a indiqué que la durée de la relation entre les deux compagnies «va aller jusqu’à près de 55 ans de partenariat» grâce à la reconduction de son contrat d’approvisionnement en gaz algérien, contrat qui va aller jusqu’à l’année 2019. De son côté, le président du groupe Suez, Gerard Mestrallet, a affirmé que son propre concept de développement de la coopération entre les entreprises algériennes et françaises dans les secteurs qu’il couvre «ne doit pas se limiter à seulement une relation de fournisseur/client». «Il s’agit aussi, a-t-il estimé, de mettre en place un partenariat algéro-français capable de décrocher des marchés à travers le monde».
Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com