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La formation et l'encadrement, les parents pauvres du sport national Des résultats catastrophiques dans différentes disciplines



La formation et l'encadrement, les parents pauvres du sport national Des résultats catastrophiques dans différentes disciplines
Les événements qui se sont déroulés, mercredi dernier en finale de la Coupe d'Algérie, lorsque les dirigeants et les joueurs du MC Alger ont refusé de se présenter à la cérémonie de remise des médailles, et l'élimination du leader du championnat, l'ES Sétif, avant-hier, de la Ligue africaine des champions, remet au jour le débat autour de la situation du football en particulier et du sport en général. La mauvaise conduite des mouloudéens n'est que le reflet d'un comportement adopté par bon nombre de dirigeants et joueurs algériens ces dernières années. De plus en plus de citoyens fuient le stade. Cette décadence n'est, bien évidemment, que l'une des facettes du recul, sur le plan technique notamment, du sport national. Il n'y a qu'à voir les derniers résultats de beaucoup de clubs algériens, dans les autres sports, comme le volley-ball ou le handball, pour s'en rendre compte. La crise du mouvement sportif national est globale. Et la solution doit l'être également. Ce ne sont pas les mesures conjoncturelles propres à chaque discipline qui vont régler le problème. Pour rester dans le football, étant donné que c'est le sport le plus médiatisé, les «académies de la FAF (Fédération algérienne de football)», lancées depuis quelques années, ont-elles eu les résultats escomptés ' Lancés en 2007, la première académie a disputé la
CAN-2009 des U17 qui a eu lieu en Algérie. La sélection nationale avait réussi à arriver en finale et à se qualifier, pour l'occasion, au Mondial de la catégorie. Mais depuis, les autres promotions de l'académie ont toutes été un échec. Pour dire que le problème est beaucoup plus profond. Sinon, comment se fait-il qu'une discipline, le handball en l'occurrence, qui pourtant a offert au pays plusieurs titres africains, et qui a réussi à se maintenir dans le haut niveau depuis plusieurs années, a vu son championnat senior bloqué pendant plus d'une année sans que ça ne provoque de grands «remous».
Ça veut dire tout simplement qu'il y a une véritable crise dans le sport national, et ce, sur tous les plans. Mais il est clair que le plus grand problème est lié à la formation. Les différents clubs accordent de moins en moins d'importance à ce volet. Leurs jeunes catégories ne sont pas prises en charge comme il se doit. Hormis quelques rares cas -on peut citer à ce titre l'exception de Kheireddine Zetchi,
président du Paradou AC qui a lancé, avec Jean Marc Guillou une académie footballistique- la majorité des clubs ne font engager dans le championnat leurs minimes, cadets et juniors, que parce que la réglementation l'exige. Et le désintérêt se manifeste souvent par l'absence de véritable encadrement pour ces catégories. Si les clubs, dits professionnels, pour rester toujours dans le football, dépensent des milliards pour s'offrir les services d'un coach de «renom», on a rarement vu un dirigeant penser à recruter de «bons» staffs pour ses catégories jeunes. En général, en signe de remerciement pour les services rendus, les anciens joueurs du club se voient confier les équipes minimes, cadettes ou juniors. Et ce, même en l'absence des qualifications requises pour ce genre de mission.
Les cadres formés à l'Ists (Institut des sciences et technologies du sport) sont rarement ou peu utilisés. Dans le cadre de l'aide accordée par l'Etat aux clubs dits professionnels, comme mesure de soutien à la mise en 'uvre du processus de professionnalisation, il a été décidé que les autorités prennent en charge les frais des entraîneurs des jeunes catégories. Selon des informations parvenues du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), presqu'aucun club n'a fourni de dossier pour bénéficier de cette aide. Pourtant, la mesure a été lancée il y a de cela trois ans. Pour dire le peu d'intérêt qu'accordent, en majorité, les présidents de clubs à la formation. Ceci pour le football. Pour les autres sports c'est encore pire. Des clubs locaux et des disciplines ne sont maintenus en vie que grâce à la bonne volonté et l'engagement de certains dirigeants soucieux de la pérennité du sport en question. Et quand les jeunes sont mal encadrés et mal formés, il est naturel que les seniors le soient autant. En dehors de quelques matchs assez importants, comme une finale de Coupe d'Algérie, les rencontres de championnats attirent de moins en moins de monde. Les Algériens préfèrent regarder ailleurs, là où le sport est véritablement un spectacle. Et les choses risquent de perdurer encore, étant donné que ce statu quo arrange beaucoup de personnes.
A. A.
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