Dans la forêt de Bouchaoui, il y a des femmes, des hommes et des enfants en sortie de détente. Leur nombre varie selon le moment de la journée, selon qu'on soit un jour de semaine ou le week-end et enfin selon la météo.Dans la forêt de Bouchaoui, on peut surprendre des visages détendus par de paresseuses promenades sur les sentiers bucoliques, par un repas frugal improvisé par une famille réunie au pied d'un arbre, dans le visage marqué par l'effort et le bonheur des sportifs, dans les yeux d'une vieille ébahie par tout ce qui l'entoure ou dans les cris d'un enfant qui savoure un instant de liberté.
Dans la forêt de Bouchaoui, il y a même de jeunes couples qui se suffisent du bonheur d'être ensemble, même interdits de câlin.
Dans la forêt de Bouchaoui, il n'y a pas grand-chose comme aménagements de loisirs, mais la nature, quand il arrive qu'elle garde un minimum d'elle-même, a ce don extraordinaire et rare de tout compenser aux yeux de l'homme et faire son bonheur à l'état brut.
La forêt de Bouchaoui est une survivance miraculée et agréable de notre espace vital qui rétrécit dangereusement. Mais à Bouchaoui, un coin de paradis dans l'enfer de notre quotidien, il n'y a pas que la nature qui suffit à notre bonheur. Il y a mieux, les choses étant au point où elles sont : il y a la sécurité.
Interrogez la dame qui est en train de sortir le couffin à provisions, demandez à un sportif en plein élan de course, sollicitez l'avis d'une jeune fille collée au bras de son petit copain, tout le monde vous dira ce qu'ils viennent chercher en premier dans ce coin boisé à la périphérie de la capitale : on vient ici d'abord parce qu'on s'y sent en sécurité. Le bol d'air en pleine nature, c'est bien.
Le bol d'air en pleine nature avec des gendarmes qui veillent au grain, c'est mieux. Personne ne s'amuse dans l'angoisse de voir surgir un agresseur des buissons. Ce n'est vraiment jamais marrant.
On ne se refait pas une santé en exposant son corps au péril du couteau en même temps qu'on le promène sur les sentiers d'un pan de forêt.
L'odeur de la terre n'a pas vraiment le même parfum quand on est rassuré sur son intégrité physique et quand on a la peur au ventre. Pour soi et pour les siens.
La forêt de Bouchaoui est agréable mais quelque peu exiguë. C'est peut-être aussi en raison de ses modestes dimensions qu'elle est mieux surveillée. La forêt de Bouchaoui est une minuscule exception apaisée dans l'immense pays habité par la peur.
C'est à partir d'ici que le promeneur oisif, le sportif en sueur ou le pique-niqueur affairé vous livreront le «fond de leur pensée» : la forêt de Bouchaoui n'est pas toujours l'endroit rêvé pour leurs instants d'évasion.
Il y en a qui aiment franchement et d'autres qui ont d'autres ambitions pour leurs plaisirs du week-end. Il arrive même qu'on aille juste à côté pour chercher l'argument d'un choix' résigné !
Sur la même trajectoire du relief algérois, la forêt de Bainem qui est pourtant plus vaste, plus aérée et plus sauvage n'attire que quelques téméraires solitaires et toujours aux aguets. Dans la forêt de Bainem, il y a les arbres, les sentiers et l'odeur de la terre.
A partir de quelques endroits dégagés et en hauteur, on peut même surprendre la mer quand le regard est en quête d'autres couleurs. A Bainem, il y a tout ça mais il n'y a pas la sécurité. C'est important la sécurité, on le sait. Mais est-ce qu'on sait' la faire '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com