Alger - Revue de Presse

La force africaine renforcée par des troupes de l'ONU



L'acceptation par Khartoum d'un renforcement de la force de la paix de l'Union Africaine (UA) par des troupes onusiennes pourrait casser l'argumentaire de ses opposants qui appellent à une intervention étrangère et celui des Américains lui imposant des sanctions sous prétexte qu'il ne collabore pas avec la communauté internationale. Prise par le gouvernement soudanais, la décision d'un déploiement dans le Darfour d'une force combinée UA-ONU pourrait en effet, contribuer à faire taire les voix dissidentes dont l'insistance sur une intervention étrangère travaille plus les intérêts américains que les populations soudanaises. L'on se demande ici à Khartoum si un tel pas, une fois franchi ne poussera pas le président Omar El Bechir à faire plus de concession à savoir accepter carrément que l'AMIS, la mission des forces africaines de la paix ne soit remplacée par celle strictement onusienne. Il est craint que le Soudan en arrive à accepter le principe parce que disent ses politiques et ses citoyens « quelle paix ont rapporté les forces onusiennes ailleurs, au Kosovo par exemple et si elles pouvaient le faire, la communauté internationale l'aurait exigé pour protéger les Palestiniens.» Des sources proches du gouvernement algérien saluent le déploiement de cette force combinée dans le Darfour pour nous dit-on «qu'aucune partie ne garde le refus du Soudan comme alibi pour permettre aux Etats-Unis d'exercer plus de pression sur lui.» L'Algérie tient absolument à ce que les principes qu'elle considère cardinaux comme le respect de la souveraineté et la préservation de l'intégrité territoriale du Soudan, soient scrupuleusement respectés. Nos tentatives lundi dernier de prendre contact avec le commandement de l'AMIS ont été vaines. Lors de notre visite à Nyala, au Darfour, de longues tractations ont été en effet, menées entre notre accompagnateur et les responsables du campement où se trouvent les forces africaines mais les directives sont strictes. «Vous ne pouvez voir personne ici parce que le commandement se trouve à Fechar (une autre wilaya du Darfour) en plus vous devez avoir une autorisation de Khartoum pour pouvoir le faire,» dit un des militaires. En attendant que les choses se clarifient au plan sécuritaire, les aides humanitaires restent insuffisantes pour couvrir les besoins des populations réfugiées. C'est lors d'un dîner avec les ministres de l'Information, de l'Education et de l'Enseignement, des Ressources animales, de la Jeunesse, des Sports et du Tourisme que nous avons eu le plaisir de rencontrer l'ONG turque « y'a-t-il quelqu'un». Cette appellation répond aux origines de sa création qui, dit un de ses membres, a été décidé tout au début pour sauver des vies humaines en cas de séisme. Les Turcs sont au Darfour pour aider les populations à réintégrer leurs villages.  «Nous préparons leur retour en leur construisant les infrastructures de base comme l'école, l'hôpital, la mosquée...,» explique leur interprète. « Réunis au Darfour, Algériens, Soudanais et Turcs, nous nous devons d'être solidaires parce que nous avons au moins un dénominateur commun, l'Islam,» souligne le chef de mission de Y'a-t-il quelqu'un. Il existe en tout au Darfour, selon le gouvernement de Nyala, plus de 40 ONG mais «si toutes travaillaient uniquement pour l'humanitaire, les populations n'auraient pas autant souffert, « nous dit un de ses ministres.
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