
C'est un constat affligeant que dresse la Fondation de la Casbah sur l'état lamentable dans lequel se trouve la Médina d'Alger aujourd'hui. Avisant qu'avec sa dégradation, ce sera non seulement une grande partie de l'Histoire de l'Algérie qui s'éteindra, mais une part du patrimoine mondial qui sera écorchée.Naouel Boukir – Alger (Le Soir) – L'engagement du gouvernement algérien en 1992 pour la préservation perpétuelle de sa capitale historique, la Casbah, n'a pas concerné les Algérois ou les Algériens uniquement. Dès lors où ce lieu historique de 105 hectares est inscrit au patrimoine universel, protégé par l'Unesco, c'est sa parole d'honneur vis-à-vis de l'humanité qui est cautionnée.Une reconnaissance qui a valu à la Fondation de la Casbah des travaux et recherches de longue haleine, n'a pas manqué de rappeler son président, Belkacem Babaci, hier au forum d'El Moudjahid. Se désolant que la Médina d'Alger ne sollicite pas l'intéressement et le soutien de ceux ayant «promis de la protéger». Aujourd'hui, la Casbah croule sous l'anarchie sans nulle intervention des chargés de sa préservation. Originellement conçue pour 25 000 habitants, elle en compte désormais plus de 60 000. Cette surpopulation a eu des retombées non négligeables sur la dégradation de cette cité millénaire, prévient Réda Amrani, vice-président de la Fondation. La production des déchets ménagers a plus que quadruplé ces quelques dernières années face à la réduction des capacités de ramassage de ceux-ci. Prenant des allures de décharges publiques, les ruelles de la Médina deviennent de plus en plus impraticables au risque de perdre progressivement leur spécificité.Ceci n'étant pas la seule conséquence dramatique de ce surpeuplement, B.Babaci a dénoncé un véritable marché parallèle de marchandage de l'immobilier en ce lieu. Sans omettre les multiples rénovations de façade engagées par les colocataires sans respect de l'aspect architectural authentique de la Casbah. Pourtant ce n'est pas tant ce type de pratiques qui fâchent les amoureux de la Médina d'Alger mais c'est surtout la passivité des autorités à l'égard de ces dépassements. Et c'est effectivement l'incompétence des preneurs de décisions qui est au cœur de cette anarchie. Les représentants de la Fondation de la Casbah avouent que, en plus de l'absence de coordination, ce handicap est omniprésent : il concerne le maire de l'APC de la Casbah, les guides touristiques engagés et l'ensemble du corps responsable du programme de réhabilitation de la cité chapeauté par «l'archaà'que» Agence nationale de sauvegarde du patrimoine.Une organisation non spécialisée qui manque cruellement de réelles compétences en matière de maîtrise d'œuvre et de management de projets. Ceci, en précisant que la rénovation de la Médina d'Alger ne nécessite absolument pas de dépenses en devise puisque le savoir-faire local «existe». Il est «légitimement» le plus apte à redonner vie à cette architecture fondamentalement locale. Pourtant, l écoute fictive dont font preuve les ministères de la Culture et du Tourisme lors de la communication de ces revendications et propositions de la Fondation de la Casbah pour la revitalisation de la Médina d'Alger se fait ressentir à chaque fois sur le terrain. Ce sont «des bouteilles jetées à la mer» s'est désolé R.Amrani. Dès lors, c'est le patrimoine culturel et artisanal de la Casbah qui en pâtit le premier de cette «inaction» et menace de disparaître prenant en otage la vitalité et le dynamisme des ruelles marchandes de la Casbah, et avec, les potentialités touristiques de cette cité millénaire, part de l'héritage universel.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B
Source : www.lesoirdalgerie.com