
A l'initiative de la Fondation euro-méditerranéenne pour le dialogue entre les cultures, Anna Lindh, 80 sourds de la capitale, bénéficient d'une formation d'une année dans le langage des signes. Cela par le biais de l'association italienne des sourds, à qui elle a octroyé le financement nécessaire, à savoir 35 000 euros pour les projets de l'association dans toute la Méditerranée, entre autres en l'Algérie. Ceci sur une durée d'une année, soit du 27 septembre 2012 au 26 septembre 2013. La formation, à Alger, se fait au siège même de la Fédération nationale des sourds d'Algérie (Fnsa), avec qui l'association italienne a pris attache pour la désignation des 80 sourds bénéficiaires de la formation : 40 femmes et 40 jeunes hommes, issus particulièrement des populations vulnérables de l'Algérois. La formation, la première du genre dans le pourtour méditerranéen, selon un représentant de la fédération algérienne, porte sur le perfectionnement des connaissances dans la langue des signes de façon à aider, de la manière la plus efficace, les concernés à une véritable insertion professionnelle et conséquemment sociale. L'annonce officielle de cet événement s'est faite hier à Alger, en présence de représentants de différents départements ministériels, manière de promouvoir l'action et sensibiliser ces derniers à organiser des formations du genre, non pas au profit des personnes souffrant de cet handicap mais des fonctionnaires qui sont en contact permanent avec le public dont font partie justement ces personnes. Une première et, malheureusement, unique action du genre a été faite entre 2007 et 2009, à l'initiative du ministère de la Justice, dans le cadre de la modernisation du secteur. Cette formation a concerné 254 greffiers chargés, depuis, de prendre en charge les doléances des concernés. Récemment, la Fédération nationale des sourds d'Algérie a envoyé un courrier au wali d'Alger lui demandant de lancer une formation du même genre, ciblant particulièrement les agents d'accueil. «Nous voulons que cela soit élargi à tous les secteurs pour pouvoir s'occuper convenablement des plaintes et des préoccupations des personnes souffrant de cet handicap. Je parle des hôpitaux, des services de poste et d'Algérie Télécom, des écoles, etc», insiste le représentant de l'association algérienne. Selon ce dernier, des discussions sont en cours avec les services de la Direction générale de la sûreté nationale (Dgsn) pour la formation de certains de ses éléments : «C'est absolument nécessaire au niveau des commissariats de police.» Pour le moment, les discussions entre les deux parties semblent être concluantes : «Une éventuelle convention sera signée prochainement avec la Dgsn.» Par ailleurs, rappelle l'association, le nombre des personnes souffrant des problèmes auditifs sérieux en Algérie est estimé entre 500 000 et 800 000, tous âges confondus. A Alger, trois écoles d'initiation au langage des signes sont ouvertes à Rouiba, au Telemly (Alger) et à Baraki, mais uniquement au profit des enfants. Ailleurs, la prise en charge laisse à désirer, malgré la signature par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en 2009, de la convention portant sur les droits des personnes handicapées. «Cette convention tarde à voir un début d'application», regrette le représentant de la Fnsa.
K. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karima Mokrani
Source : www.latribune-online.com