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La folie des grandes heures



La folie des grandes heures
C'est peut-être la der, alors il faut en profiter jusqu'au bout. Ce soir aux alentours de minuit, hier soir aux alentours de minuit, le paradis devait ouvrir ses portes si la désillusion ne fermait pas les visages. En attendant, ça fait encore un sujet pour cet espace pendant que tous les espaces du pays et quelques pans d'ailleurs sont squattés par le sujet. On pensait que nous étions déjà au paradis, le paradis s'était encore éloigné d'un match. On n'a pas idée de s'arrêter en si bon chemin. L'Allemagne aurait pu n'être qu'un adversaire plus fort sur papier, dans la vraie vie et dans la vie tout court. Elle est devenue un adversaire «prenable». On ressasse ses faiblesses, on lui en a même inventé. Un joueur blessé et c'est l'euphorie nationale. On ne s'est même pas posé la question de savoir s'il allait revenir, les prouesses médicales ayant souvent rattrapé plus que les petits bobos.Qu'importe, il est à l'infirmerie et ça suffisait à notre bonheur. Il paraît que ce joueur n'est même pas une pièce maîtresse de la machine germanique, mais à ce stade, on se suffit d'un boulon qui manque. Hier, bien avant la rupture du jeûne et quelques ruptures d'anévrisme, il y avait beaucoup de boulons manquants, mais ceux-là ne comptaient pas.C'est ça le foot, c'est ça la folie. Si on n'était pas fous, on ne demanderait pas à des joueurs qui n'étaient pas nés en 1982 de se souvenir d'un match qui s'est déroulé en 1982. Et de se venger des joueurs allemands qui n'étaient pas «plus nés» que ceux de l'Equipe Nationale. Si on n'était pas dans le foot et la folie, on n'aurait pas «obtenu» une fetwa pour que les Verts puissent bouffer dans un pays où les fetwas appellent plutôt au lynchage de ceux qui ne jeûnent pas.Si on n'était pas dans la folie - intéressée celle là - du foot, on ne sommerait pas à partir d'Alger une entreprise publique pour prendre en charge deux mille personnes invitées à prolonger leur séjour en terre brésilienne. La folie avant le délire. Un «pont aérien» semblable à celui d'Omdorman en cas de victoire contre l'Allemagne !Mais on ne devrait pas gâcher la fête pour si peu. Déjà que ce n'est pas sûr qu'il y ait la fête. On a bien dit que la mission était déjà accomplie en passant le premier tour, mais on voit très mal l'Algérie jubiler après une défaite, c'est aussi ça le foot. C'est aussi ça, la folie. Un joueur allemand du nom de Lithbarsky a encore demandé pardon. Il ne devait pas être sur le terrain hier à l'heure des tarawih, et pour cause, il a joué en 1982 contre les Verts avant de participer à la combine avec ses cousins autrichiens. Ça ne devait pas empêcher ses cadets de «dérouler» mais c'est déjà ça de pris. Tout est bon à prendre. Même une défaite honorable comme piètre consolation, mais il ne fallait surtout pas en parler.Sinon il n'y aurait plus ni foot ni folie. Il paraît que les Verts avaient un avantage : c'est quand les allemands jouaient mal qu'ils gagnaient toujours et ils jouent plutôt très bien actuellement. Les Verts ne jouent pas aussi bien mais jouent bien quand même. Tant mieux, les algériens, c'est quand ils jouent bien qu'ils gagnent. C'est fou, ce que le foot rend fou.laouarisliman@gmail.com


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