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«La finance participative permet à la fois de capter l'épargne et de générer des revenus»



«La finance participative permet à la fois de capter l'épargne et de générer des revenus»
- Dans son plan d'action, le gouvernement se fait l'obligation de «préparer le cadre réglementaire et juridique relatif au financement participatif (...) et émettre des obligations souveraines pour ce genre de financement». Selon vous, faut-il s'attendre à l'arrivée de produits financiers et bancaires de la finance islamique 'La décision d'aller vers d'autres alternatives de financement fait partie de la politique de diversification économique dans son cadre général et de diversification des ressources financières disponibles ou potentielles dans un aspect relatif aux diverses ressources mobilisables. Cette tendance des pouvoirs publics tient compte aussi de plusieurs faits économiques, moraux et commerciaux, en essayant, d'une part, d'adapter le bilan des précédents dispositifs lancés échus ou non échus avec l'état actuel du stock financier intérieur et, d'autre part, par la volonté de faire émerger d'autres activités industrielles et de service le plus rapidement possible.La finance participative, entre autres, permet à la fois de capter l'épargne et de générer des revenus pour les épargnants investisseurs, de leur générer aussi de l'activité temporelle ou de longue durée du fait de leur statut d'associés à durée déterminée et de générer également de la richesse pour les activités ciblées.Les formes sont diverses et apportent leur contribution à l'économie selon leur degré d'apport financier, de leur responsabilité et du fait qu'elles arrivent à débloquer certains segments qui sont en souffrance avec plus d'audace et d'implication, comme l'exemple d'El Moudaraba avec ou sans participation via «Sukuk» qui, à la base, est un mode de financement par association très intéressant pour l'économie productive, et qui compte sur la responsabilité et l'implication solidaire entre les pourvoyeurs et le demandeur de financement.- Quelle serait la contribution des produits de la finance islamique en cette période de baisse drastique des ressources 'Contrairement au principe du financement classique dans la création monétaire par la demande du crédit, l'emploi de la finance islamique obéit à trois principes fondamentaux qui sont : la contribution à travers des sources mobilisables en épargne et non pas par ex nihilo du crédit ; l'association directe ou indirecte avec un partage des risques, des gains et des responsabilités ; le mode de rémunération se base sur le revenu et le risque.Ce cheminement d'étapes nécessite avant tout des ressources qui viennent en amont de l'épargne dégagée à partir des autres segments de l'économie réelle pour pouvoir situer les acteurs contributeurs et leur capacité d'alimenter la place financière tout en misant sur des délais de retour sur investissement relativement longs par rapport au modèle classique.Or, dans le cas actuel et avec la baisse des ressources factuelles, et un resserrement dans la distribution des richesses en aval par rapport aux secteurs d'activités porteurs de croissances (commande publique, etc.), le niveau de l'épargne censée être l'une des ressources en amont pour la finance islamique se réduit sensiblement avec le temps, laissant ainsi une marge de man?uvre très limitée.- Les produits bancaires et financiers de la finance islamique sont-ils en mesure de réussir là où la finance conventionnelle a échoué à drainer les montants de la monnaie fiduciaire en circulation dans les réseaux invisibles de l'économie 'En l'état actuel des choses, le principal but des pouvoirs publics est de maintenir un rythme de croissance relativement élevé, censé être compensé par les différents segments qui peuvent naître à partir de cette diversification des modes de financement, y compris dans le secteur financier lui-même qui devient une activité commerciale par excellence.La question de l'informel et de la non-fiscalisation n'a jamais été liée au mode de financement existant, qu'il soit classique ou non classique. Il s'agit beaucoup plus de la volonté de certains acteurs marchands d'échapper au contrôle fiscal par la banque, car on peut toujours être fiscalisé sans être bancarisé. Le besoin d'aller vers un financement participatif répond au besoin d'ouvrir des voies plus faciles et abordables avec un caractère moral adapté à la société algérienne.- L'arrivée des produits de la finance islamique est conditionnée néanmoins par le visa de deux régulateurs : la Banque d'Algérie et la Cosob pour permettre à la fois aux banques de lancer des produits de la finance islamique et aux entreprises d'émettre des «Sukuk». Les réglages réglementaires dépendent-ils, selon vous, d'une simple réécriture des textes législatifs, ou bien faut-il mettre en place une logistique appropriée 'Sur le plan de la logistique, nos banques publiques disposent d'un réseau très large, suivies par les banques privées qui avancent aussi très bien sur ce segment. Pour le marché financier, la Bourse d'Alger dispose de moyens très développés et très performants avec un personnel très qualifié en la matière. Mais la question qui reste posée, c'est comment pouvoir identifier les gisements et comment capter l'épargne et les épargnants 'Pour le cadre législatif, le recours à une diversification financière n'est pas seulement l'affaire d'une écriture d'autorisation mais aussi d'un écosystème qui va avec et aussi d'une gestion très dynamique dans le maintien. A titre d'exemple, j'évoque le cas de certaines marges techniques qui sont à revoir dans le cadre du marché secondaire au niveau de la place financière d'Alger.
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