Quel effet sur la lutte antiterroriste et l?activisme en Algérie ? La reddition ou le repentir de Hassan Hatab n?a pas échappé au regard des milieux français du renseignement.Avant même qu?elle ne soit confirmée, depuis Paris, par le ministre de l?Intérieur, des spécialistes de la question s?en sont saisis. A l?effet d?en décortiquer les tenants et aboutissants sur le front «djihadiste» algérien. Qu?elle qu?en soit la forme, la fin de parcours, le 22 septembre 2007, du fondateur du Groupe salafiste pour la prédication et le combat, n?est pas passée inaperçue de l?autre côté de la Méditerranée. Pour la simple et bonne raison que le profil du plus médiatisé de la fratrie des Hattab n?est pas dénué de portée sur la scène islamiste nationale. Cette «réédition» - les guillemets sont de l?auteur du propos - est loin d?être anodine aux yeux d?Alain Rodier, l?un des meilleurs connaisseurs français de la galaxie djihadiste. Elle est «très importante sur le plan psychologique» mais sans conséquence particulière dans le registre «opérationnel». La défection de Hattab est de nature à «pousser d?autres activistes à en faire de même», estime Rodier dans une note rédigée de fraîche date dans le cadre des activités du Centre français de recherche sur le renseignement. Pour autant, elle «ne change pas grand-chose sur le plan opérationnel», l?ex-chef du GSPC s?étant éclipsé du champ «djihadiste» depuis 2003. Ancien officier supérieur d?un des services de renseignement français, Alain Rodier passe pour être l?un des analystes les plus fins des mouvements islamistes. Il les suit à la lettre depuis le début des années 1980 et le conflit afghan. Il a été parmi les premiers occidentaux à s?intéresser à la naissance d?Al-Qaida sur les décombres afghans. Conférencier auprès d?organismes institutionnels français et étrangers, il a produit de nombreuses études et ouvrages, dont «Al-Qaida, les connexions mondiales du terrorisme». A la défaveur de l?organisation - réelle ou supposée - «Al-Qaida au Maghreb islamique», l?expert français brosse un état des lieux guère au beau fixe. Soumis au harcèlement des services de sécurité algériens, affaiblis par les offensives de l?été dernier en Kabylie, ils souffrent d?un manque de moyens humains et logistiques. «Afin de mériter la confiance qu?Ayman Al-Zawahiri a placée en lui lorsqu?il a officiellement fait allégeance à Al-Qaida, Droukdel, faute de moyens suffisants, ne peut obtenir de résultats significatifs en Algérie, doit donc internationaliser son action», observe Alain Rodier. Qui n?exclut pas une réorganisation des structures opérationnelles d?«Al-Qaida Maghreb» sur le territoire algérien.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : De L?un De Nos Correspondants A Paris: S Raouf
Source : www.lequotidien-oran.com