Alger a confirmé la mort d'Abou Zeid et en a informé les autorités françaises après analyse de l'ADN. La disparition de ce chef terroriste d'Aqmi est un coup dur pour la nébuleuse du crime qui, sous couvert de discours religieux, de prosélytisme du salafisme et de jihad, use de tous genres de trafics, drogues, armes, carburants et prise d'otage pour s'enrichir. Sur le terrain, le grand perdant c'est Droukdel qui ne dispose plus de figure de proue dans le Sahel. Le grand gagnant c'est bien Belmokhtar, qui confirme sa main mise sur ce qui reste d'Aqmi dans la région. L'annonce de la mort de Belaâouar par les autorités tchadiennes n'a pas été prise au sérieux contrairement à celle d'Abou Zeïd, pour deux raisons principales : l'information donnée par le Tchad faisait état de la mort d'Abou Zeïd et de Belmokhtar dans la même région des Ifoghas. Si Abou Zeïd était obligé d'être présent dans le massif montagneux frontalier à l'Algérie, c'est essentiellement pour protéger son butin composé d'otages français. Il n'y a pas meilleur endroit pour les cacher, mais le chef terroriste ne s'attendait pas à l'avancée rapide des troupes françaises et tchadiennes vers cette région. Donc Abou Zeïd et ses acolytes ont été surpris par la rapidité de l'attaque et par son ampleur.
Belmokhtar, en revanche, n'a aucune raison d'être présent dans les Ifogahs, d'une part, pour éviter de croiser ses adversaires d'Aqmi et, d'autre part, pour ne pas se laisser prendre dans un cul de sac, sachant qu'au Sud se trouvent les troupes françaises et au Nord, le long des frontières, stationnent les forces algériennes. La région de Tilemsi, au nord-ouest des Ifoghas.
Des populations maliennes de la localité d'El Khalil, située au sud de Bordj Badji Mokhtar, ont aperçu Belaâouar deux semaines après l'annonce de sa mort, dans une ancienne mine de sel désaffectée.
La région est truffée de grottes souterraines en labyrinthes et de casemates bien camouflées. La deuxième raison, s'explique par le profil de Belmokhtar qui sait ce qu'est une guerre de front. Vétéran d'Afghanistan, il ne s'aventure pas dans une confrontation ouverte avec une armée équipée de chars et d'avions. Ce terroriste reste insaisissable en raison de sa connaissance du désert, de sa prudence maladive et surtout des liens de sang qu'il a tissés avec des tribus targuies du nord du Mali.
C'est pour ces considérations que l'Algérie a toujours plaidé pour une solution politique avant toute action armée, afin d'isoler les terroristes des populations et de solliciter l'aide des Touareg pour traquer les différents groupes terroristes, notamment les plus aguerris parmi eux, comme Mokhtar Belmokhtar. En dépit des pertes subies par Aqmi et Ansar Eddine, la situation au nord du Mali reste inchangée au plan sécuritaire, d'autant plus que l'armée française a décidé de quitter le pays en avril prochain laissant le terrain aux troupes africaines
et aux casques bleus de l'ONU, qui ne peuvent être opérationnels avant des mois.
A. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Ghezali
Source : www.latribune-online.com