Le pouvoir d'achat ne cesse de se dégrader depuis 2016. Tel est le constat fait par la FAC. « Au courant de l'année 2020, une vingtaine de missives ont été adressées aux pouvoirs publics, à commencer par le Premier ministère, le ministère de la Santé, celui du Commerce, celui du Travail et celui de l'Agriculture. Aucune suite n'a été donnée ! » ont déploré les membres du bureau de la FAC.Ahmed Kessi - Alger (Le Soir) - Les populations des wilayas du sud du pays, en particulier celles des zones frontalières, vivent une situation intenable en matière de dégradation du pouvoir d'achat, au point où elles sont qualifiées de « contrées délaissées, voire abandonnées ».
« Malgré la subvention du prix du transport de marchandises, les prix des produits de large consommation demeurent hors de portée des citoyens », a affirmé Lakhdar Lakhal, SG adjoint de la FAC président de l'Association de protection du consommateur et de protection de l'environnement de la wilaya d'Adrar, d'une conférence de presse, tenue hier à Alger.
L'orateur cite des exemples : À Bordj-Badji-Mokhtar (distante de 650 km d'Adrar), la pomme de terre : 100 DA le kg ; la salade : 100 DA le kg ; l'orange : 300 DA le kg ; la pomme locale : 500 DA le kg ; le lait en poudre hors de portée. Pratiquement tous les prix sont proposés au double du prix réel. À ce propos, la fédération a rédigé, au courant de l'année écoulée, pas moins de 20 rapports qu'elle a transmis aux ministères concernés. Ces derniers sont restés sans suite.
Aux yeux de Lakhdar Lakhal, l'alternative à cette situation pénalisante, c'est la décentralisation. « La décentralisation n'est qu'un slogan creux depuis des lustres. On souhaite vivement que cela devienne une réalité concrète de la nouvelle Algérie dont on nous parle », dit-il.
Par ailleurs, ajoute-t-il, « des solutions sont possibles mais pas sans le concours de l'Etat. Les populations souhaitent vivement une aide des pouvoirs publics en matière d'énergie, des routes pour faciliter la venue aux investisseurs, des aides conséquentes pour l'agriculture saharienne ».
Une rencontre nationale traitant de l'économie locale, prévue à Alger, a été ajournée au dernier moment à cause de la pandémie de Covid-19. Le point de presse a traité de trois questions : pouvoir d'achat, autosuffisance alimentaire et transition énergétique.
Les membres du bureau de la FAC se sont relayés pour faire le constat amer de la « chute effrénée » du pouvoir d'achat et étayer chacun des points, en tentant de suggérer des solutions à différents niveaux.
Le pouvoir d'achat, ont-ils affirmé, est « en érosion continue depuis 2016 et a atteint un seuil inquiétant depuis l'avènement de la pandémie de Covid-19 ». Entre autres causes que les intervenants ont énumérées : la grande corruption et la dévaluation du dinar de 40% ces trois dernières années. « La Banque centrale d'Algérie dévalue le dinar et ça passe inaperçu », notent-ils ?, la non-création de richesses. Plus de 70% des biens de consommation sont importés.
En guise de solutions, la fédération suggère la révision de la politique des subventions et des salaires, ainsi que le code du travail et la réorganisation des horaires de travail ; une volonté politique plus ferme pour promouvoir l'investissement, levée des contraintes bureaucratiques, création de banques d'affaires pour promouvoir l'investissement et le partenariat..
A. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Kessi
Source : www.lesoirdalgerie.com