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"La famille Mecili est proprement éc'urée"



Le verdict de la cour d'appel du tribunal de Paris dans l'affaire Mecili est tombé tel un couperet jeudi matin. "C'est une très mauvaise nouvelle qui ne tient pas compte, selon mon point de vue, de la responsabilité d'une personne qui a agi sur ordre du gouvernement algérien et qui ne tient pas compte également de la responsabilité des services de renseignements algériens dans le crime", a déclaré, à Liberté, Me Antoine Comte, avocat de la famille d'Ali Mecili, responsable du Front des forces socialistes et avocat, assassiné devant son domicile au boulevard Saint-Michel, à Paris, le 7 avril 1987. La justice française vient, en effet, de confirmer le non-lieu général prononcé dans ce dossier par une juge d'instruction en novembre 2014. Enfonçant le clou, Me Comte évoque "une affaire extrêmement grave" dont le dénouement judiciaire a d'importantes incidences. "C'est l'impunité qui triomphe", déplore l'avocat.Selon lui, le verdict constitue également "une porte ouverte à toutes les dérives. Paris deviendrait un champ de bataille où les services secrets étrangers viendraient commettre des assassinats d'opposants". Evoquant un crime d'Etat, la veuve et les enfants d'Ali Mecili ont lutté pendant des années pour que les commanditaires soient reconnus et condamnés. D'après leur défenseur, ils sont "proprement éc?urés par la décision de la cour d'appel, mais ne se résignent pas". "L'affaire n'est pas du tout terminée. Nous utiliserons tous les moyens à notre portée et nous continuerons à nous battre", assure Me Comte. L'un de ces moyens est un pourvoi en cassation qui sera introduit incessamment. Même si le résultat de ce recours n'est pas certain, l'avocat refuse de céder au pessimisme.À cet égard, il compte sur le soutien de l'Etat français pour faire avancer l'affaire. Evoquant le courrier transmis par l'Elysée à Mme Mecili, il assure que "le président François Hollande est très attaché à ce que tous les points ? du dossier, ndlr ? soit clarifiés et veille à ce que la transparence soit respectée dans tous les aspects des relations franco-algériennes". Mme Mecili avait interpellé officiellement les autorités françaises pour ouvrir de nouvelles investigations sur l'assassinat de son mari et les faire aboutir.Elle s'est adressée, notamment, à la ministre de la Justice, Christine Taubira, dans une lettre ouverte en juillet 2014, lui demandant d'empêcher la clôture du dossier. "Qui plus est s'agissant d'une affaire où les personnes à entendre, à commencer par le tueur présumé de mon mari, et les pistes à exploiter demeurent nombreuses", a écrit la veuve de l'avocat.Soupçonnant l'existence d'un "pacte de silence" entre Alger et Paris, elle est revenue sur les décisions prises, d'après elle, pour étouffer l'affaire comme l'expulsion en urgence en Algérie de l'assassin présumé, Abdelmalek Amellou, aussitôt après son arrestation, le 10 juin 1987, et plus globalement l'expédition de l'instruction. Les commissions rogatoires internationales adressées dans ce dossier sont, en effet, restées, sans réponse. Un ultime rebondissement a eu lieu en 2007 à la suite du lancement de deux mandats d'arrêt internationaux contre Abdelmalek Amellou et un agent des services de renseignements algériens, Mohamed Ziane Hasseni, qui a finalement obtenu un non-lieu en 2010.S. L-K.


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