Alger - A la une

La facilité ou l'émeute Point Net



La facilité ou l'émeute Point Net
L'école algérienne ne prépare pas ses élèves à grand-chose, tout le monde le sait, y compris ceux qui ont fini par s'en convaincre' à l'usure.
A l'occasion des épreuves du bac, tout le monde aura découvert ce qu'on savait déjà et un peu plus encore : l'école algérienne ne prépare pas à grand-chose, surtout pas aux mathématiques et à la philosophie.
Pourquoi ces deux matières ' Eh bien, parce qu'elles sont emblématiques du savoir ! Les mathématiques en ce qu'elles sont le vecteur de toutes les sciences exactes dont la maîtrise est préalable à l'intégration des technologies et autres spécialités qui font l'essentiel de l'activité humainement utile de notre époque.
La seconde ouvre les voies de la réflexion, des grands questionnements ; elle apprend le doute et l'ouverture d'esprit, évacue le confort des certitudes, encourage le débat d'idées et fructifie la contradiction.
En résumé, tout ce que notre école a déserté depuis longtemps ! Les mathématiques sont encore enseignées avec les programmes et les méthodes d'une autre ère géologique qui font de nos enfants des bacheliers qui ne savent pas compter. Quant à la philosophie, ça fait un bail qu'elle a fait place nette au prêche ou le discours.
Et ça ne pouvait pas donner autre chose que ce que ça a donné ! Des candidats au bac qui quittent les salles d'examen pour protester contre des «sujets inabordables» dans les deux matières, il ne manquait plus que ça pour creuser, après avoir atteint le fond comme le rend si bien le génie populaire.
Sous prétexte que les sujets en question «n'ont pas été étudiés en classe», «ont été marginalisés dans les révisions» sur conseil des profs ou sont tout simplement «trop difficiles», des centaines de candidats se sont évanouis, ont poussé des cris de détresse, ont dit leur colère dans des silences désespérés ou ont carrément transformé les centres d'examen en piquets de grève après avoir refusé de concourir.
Au début des années 80, on n'avait peut-être pas encore commencé à creuser après avoir atteint le fond mais la descente aux enfers était déjà entamée.
Quand les lycéens d'Alger ont envahi la rue sous les cris de «L'histoire à la poubelle !» après une «rumeur» faisant état de l'introduction de l'histoire et de la géographie dans les épreuves du bac des filières scientifiques, c'est là que le ministère de l'Education avait inauguré une nouvelle ère pour l'école algérienne.
En accédant, presque avec enthousiasme, à la «revendication» des lycéens de l'époque, la tutelle avait sonné la mesure de sa «politique» : une réussite factice par des diplômes au rabais pour se prémunir de la revendication d'une école performante et de son temps.
Et depuis ça a continué. Des années «blanches» transformées en années d'exceptionnelle réussite pour tout le monde aux taux d'obtention' politique des diplômes, nous voilà maintenant aux «promesses de sujets abordables» dont les élèves peuvent décider seuls qu'elles n'ont pas été tenues !
C'est ce qui vient d'arriver à la troisième journée des épreuves. Mais qu'on ne s'affole pas, les «solutions» sont à portée de main.
On peut toujours décider de «donner» le bac à une écrasante majorité des candidats, comme ce fut le cas l'an passé. Et que ça roule.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)