Info ou intox, des informations en provenance de Washington sèment le trouble et des inquiétudes quant à la position de la nouvelle Administration démocrate de Joe Biden sur le Sahara Occidental, occupé depuis 45 ans par la monarchie marocaine. La rupture du cessez-le-feu, signé entre le Maroc et le Front Polisario, en novembre dernier, projette, depuis, une lumière crue sur ce dernier bastion de la colonisation et alimente l'actualité du jour faite de déclarations péremptoires et de retournements. Deux faits : le chef de la diplomatie sahraouie affirme déceler des signes encourageants de la part de Washington quant à l'abandon de la décision du sulfureux Donald Trump « d'offrir » le territoire sahraoui au Maroc en échange de la reconnaissance de fait par ce dernier de l'Etat d'Israël. Toute honte bue, reniant tous ses engagements, le Makhzen fait mieux puisqu'il se livre à l'ennemi juré des Arabes avec armes et bagages. Les désillusions chez les Sahraouis risquent d'être à la mesure de ce que certaines agences de presse colportent, l'Administration démocrate confirmerait l'option de leurs prédécesseurs républicains en validant la décision inique de Trump. Pis, le premier Américain aurait donné des instructions pour un nouvel envoyé de secrétaire général de l'ONU qui se chargerait non pas de faire asseoir à la même table Sahraouis et émissaires de sa majesté, mais de faire cesser les affrontements armés au profit, bien sûr, du Maroc. Il est sûr que les répercussions d'une telle démarche auront un immense impact déstabilisant sur toute la région. Les espoirs attachés aux démocrates américains s'envoleraient-ils à l'heure où s'amplifie, plus qu'avant, le mouvement de solidarité pour l'autodétermination du peuple sahraoui ' Il serait vain de croire que l'on peut régler un conflit d'un trait de plume, a fortiori dans un cas d'injustice et de déni de droit. Désire-t-on alors que ce déjà vieux conflit prenne en otage toute une partie de l'Afrique qui pourrait par ailleurs se transformer en théâtre d'affrontements entre grandes puissances ' Il me revient à l'esprit l'épisode des doléances algériennes transmises à l'administration démocrate de Franklin Roosevelt vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les leaders algériens s'enhardissaient de voire l'Amérique défendre les droits des peuples coloniaux à la liberté, ce pays s'étant justement affranchi du joug français. Le chef de l'UDMA (Union démocratique du manifeste algérien) Ferhat Abbas, a fait parvenir aux autorités américaines à Alger un document des AML (Amis du manifeste et de la liberté) qui stipule le statut d'une Algérie indépendante. Un coup d'épée dans l'eau. Les Américains ne voulant pas s'aliéner leur allié-français ne bougèrent pas le petit doigt. Le 1er Novembre 54 leur fera entendre raison. Nos maquisards avaient tiré les enseignements : la Liberté ne s'octroie pas, elle s'arrache. Quand bien même, ils mènent l'action armée, les Sahraouis risquent de faire les frais du choc futur des titans, choc qui ne pourrait toutefois pas enterrer leurs aspirations à l'indépendance. Le chemin reste ardu, long et semé d'embûches. Les Palestiniens du Maghreb ' Sombres perspectives.B. T.
[email protected]
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R I
Source : www.lesoirdalgerie.com