Les élections locales sont la dernière échéance électorale avant la présidentielle de 2014. Elles interviennent à la veille de la énième révision constitutionnelle.
Les élections locales du 29 novembre prochain interviennent dans un contexte politique censé être chaud et mouvementé. Cette échéance constitue d'abord, un véritable premier test pour le nouveau gouvernement Sellal, nommé le 4 septembre dernier.
Elle est ensuite la dernière échéance électorale avant la présidentielle de 2014. Enfin, elle intervient à la veille d'une énième révision constitutionnelle.
Voilà un contexte qui, sous d'autres cieux, remue la scène politique, anime le mouvement associatif et ameute les élites à coup de débats, d'échanges d'idées et même de polémiques.
Chez nous, rien de tout cela. Toutes ces échéances politiques déterminantes pour l'avenir du pays n'ont pas suffi pour secouer le cocotier et sortir la classe politique de la salle de réanimation.
Aussi pire et paradoxalement que cela puisse paraître, le scrutin du 29 novembre- carrefour de ces évènements à venir se déroule dans une morosité totale à telle enseigne que même le début officiel de la campagne électorale a été plus que timide. Pourtant, ces élections verront la participation de pas moins de 52 formations politiques. Mais la désaffection populaire semble être totale. De ce fait, le nouveau gouvernement risque de prendre un dur coup à l'issue de ce scrutin.
L'échec prévisible de ces échéances, en matière de mobilisation d'abord et de transparence ensuite, sera interprété par les observateurs avertis, comme une incapacité du gouvernement à relever le premier défi auquel il est confronté.
Le corps électoral est, dans ce genre de situation, l'enjeu majeur de la compétition. Sauf qu'en Algérie, les citoyens, exclus et non disposés à participer à la gestion de la cité sont loin d'avoir la curiosité politique pour s'impliquer dans le processus de prise de position qui commence par la participation aux élections.
Le spectre de l'abstention, qui plane sur toutes les élections, résulte de cette équation qui, ajoutée à de multiples déceptions, a fini par creuser un fossé entre les citoyens et l'administration d'un côté, les citoyens et les élus de l'autre. Résultat: une grave crise de confiance s'est installée entre les gouverneurs et les gouvernés.
Cette confession d'un postulant à l'APW d'Alger peut nous mettre dans l'image qu'ont les Algériens de leurs responsables. Alors qu'il sollicitait la contribution d'un maire, il a eu cette réponse cinglante: «Oui je vous aide mais à condition qu'on partage (les bénéfices) si tu es élu». Cette perte de confiance est aggravée de la conception que les citoyens ont: tout responsable, à quelque niveau qu'il soit, est un potentiel corrompu.
Le gouvernement Sellal, qui veut rétablir cette confiance par l'amélioration du service public, se heurtera inévitablement à des mentalités archaïques et au manque de culture politique des citoyens mais aussi des responsables qui excellent dans l'art de botter en touche et de naviguer en contre-courant des aspirations populaires.
Les élections locales du 29 novembre se préparent tellement dans une atmosphère «apolitique» que l'incompétence de l'administration a fait que la campagne est entamée avant que les partis ne soient fixés quant «à quel saint se vouer».
A supposer que ceux qui voulaient bousculer le statu quo sont découragés et ceux qui veulent son maintien sont rassurés.
Mais en attendant que le climat politique soit bouleversé, il faut se contenter et s'accommoder, aussi longtemps qu'il faudra le supporter, ce climat morose dans lequel sont entraînés les Algériens. Ce qu'il faut, c'est une véritable révolution.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim AIMEUR
Source : www.lexpressiondz.com