
Qui se souvient de l'affaire Dreyfus 'C'est une histoire qui a marqué et bouleversé la vie politique française. C'est l'histoire d'un jeune capitaine français, au début du XXe siècle, dans un pays où l'antisémitisme avait le vent en poupe.Dreyfus avait été accusé de trahison, condamné et déporté au bagne de Cayenne. Il a été victime d'un complot monté de toutes pièces par l'extrême droite française. Son crime réel ' Il était juif. Il a fallu une mobilisation sans précédent de la partie saine du peuple français, avec à sa tête le grand romancier Emile Zola et son célèbre J'accuse, pour que son innocence soit reconnue et qu'il soit réhabilité. Le monde entier a découvert avec consternation la nature de l'antisémitisme qui se concrétisera plus tard dans l'Allemagne nazie avec le massacre de 6 millions de juifs.Ce genre de dérive se manifeste de nos jours en Algérie, surtout depuis qu'une femme a été nommé ministre de l'Education nationale. Les islamistes et les baâthistes acceptent mal qu'une personne qui n'est pas du sexe masculin les dirige. Une campagne criminelle a été déclenchée contre la petite-fille du fondateur de la Grande Mosquée de Paris depuis qu'elle a annoncé sa détermination de réformer l'école et de combattre les archaïsmes qui ont produit des terroristes.Les fascistes algériens, sous le couvert de la religion et de l'arabisme, ont manifesté leur haine pour le genre humain, comme par exemple dire que Mme Benghebrit est juive, ce qui signifie qu'elle serait envoyée au four crématoire s'ils arrivaient à s'emparer du pouvoir. Ainsi, nous avons parmi nous des gens pour lesquels être juif est une tare. C'est malheureux et dramatique à la fois pour un pays qui a mené une guerre de Libération marquée par son universalité et à laquelle ont participé, les armes à la main, des musulmans, des juifs et des chrétiens.Comme l'avait souvent répété feu Salah Boubnider, dit Saout El Arab, la Révolution avait été engagée pour «l'émancipation du peuple algérien dans toutes ses composantes, et pas pour libérer Dieu». Force est de constater que la régression est insupportable. Ce ne sont pas de malheureux citoyens analphabètes qui versent dans l'analphabétisme et qui, au demeurant, ne savent pas ce que c'est que la haine. On trouve malheureusement des universitaires dans la campagne contre Mme Nouria Benghebrit, comme ce professeur à l'Institut supérieur de journalisme qui l'a traitée de «juive sioniste».La ministre n'a même pas bénéficié de la solidarité gouvernementale. Pendant ce temps, les ennemis de l'espèce humaine continuent de distiller leurs discours de haine, en l'absence de lois punissant le racisme et l'antisémitisme. Un vide juridique qu'il est urgent de combler.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tayeb Belghiche
Source : www.elwatan.com