Décidés pour faire face à la situation imposée par la pandémie de Covid-19, les plans pédagogiques exceptionnels seront à nouveau reconduits l'année prochaine. Le sondage effectué par la tutelle auprès des enseignants a visiblement été favorable à ce mode de fonctionnement qui a instauré le principe de l'enseignement par groupes, voire un jour sur deux. Il ne fait pourtant pas l'unanimité auprès des syndicats qui sont divisés sur ses bienfaits.Nawal Imès- Alger (Le Soir)- Lancé il y a plus d'un mois par le ministère de l'éducation nationale, le sondage sur les plans pédagogiques exceptionnels a, contre toute attente, plébiscité ce mode de fonctionnement qui, toute l'année durant, aura pourtant fait l'objet de beaucoup de critiques émanant des différents syndicats. Boudjemaâ Mohamed Chihoub, président de l'organisation algérienne des enseignants, affirme en effet que la tutelle se dirige vers l'adoption de ce système pour l'année scolaire à venir. Son organisation se félicite d'ailleurs de la nouvelle, estimant qu'il fallait néanmoins régler deux problèmes rencontrés lors de l'application de ces plans, à savoir le volume horaire de l'unité pédagogique et le nombre d'heures attribuées à chaque enseignant. Boudjemaâ Chihoub explique, en effet, que la réduction de l'unité pédagogique à seulement 45 minutes ne devrait pas être reconduite, plaidant pour un retour à des séances d'une heure. Il estime également que les enseignants ne devraient pas enseigner plus de 20 séances tout au plus, pour éviter la surcharge dont ils ont souffert cette année. Dernière condition posée : l'adaptation des programmes scolaires, afin de permettre aux enseignants de les achever en temps voulu.
Le syndicaliste assure qu'hormis ces quelques écueils, ce système ayant consisté à diviser en deux groupes les élèves d'une même classe a été bénéfique aux élèves qui ont pu suivre des cours en étant beaucoup moins nombreux en classe, laissant ainsi le soin aux enseignants d'être à l'écoute de leurs besoins. Un avis qui n'est pas partagé par d'autres représentants des enseignants qui, tout au long de l'année scolaire, se sont plaints de la pression exercée sur les enseignants.
Le porte-parole du Cnapeste, qui a déjà eu à s'exprimer sur la question, estime que, «malheureusement, le sondage lancé s'est fait avec une vision unilatérale, en tentant d'avoir les avis de la base. Mais pour nous, l'appréciation des enseignants au sujet de ces plans dépend du vécu de chacun, alors que ces questions doivent faire l'objet d'un débat. On a pris connaissance des questions. Elles sont loin d'être en mesure de donner une idée du terrain. C'est une démarche en solo qu'on ne cautionne pas».
Messaoud Boudiba ajoute : «On refuse que les résultats de ce sondage soient adoptés comme une base pour une prise de décision qui engage l'avenir de l'école. Ces plans ont créé de gros problèmes. Ce qui a fait qu'ils n'ont pas été rejetés en bloc, c'est le souci de la famille de l'éducation d'éviter une année blanche. Les enseignants ont supporté la pagaille créée, mais cela ne veut pas dire qu'ils ont été une réussite parce que l'année scolaire a pu se tenir. Sur le terrain, c'est un échec. Si les enseignants ont fait des sacrifices, ils ne les referont pas une seconde fois.»
Le ministère de l'éducation a, pour sa part, un tout autre avis. En avril dernier, l'inspecteur général du ministère de l'éducation, dressant un bilan des résultats obtenus par les élèves au premier trimestre, mais également de la mise en application des plans exceptionnels, ne cachait pas sa satisfaction. Il affirmait, en effet, qu'une première évaluation des résultats obtenus au premier trimestre faisait état de résultats «satisfaisants en général», tant au niveau des résultats qu'au niveau de l'état d'avancement des programmes. Seule inconnue pour le moment : le devenir du premier responsable du secteur avec le changement imminent de gouvernement...
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com