
Alger n'a-t-elle pas été, pendant une décennie environ, la Mecque des mouvements de Libération nationale, en majorité africains'«Nous ne sommes pas des racistes, nous sommes des Africains, des Maghrébins et Méditerranéens. L'Afrique et le Monde arabe sont le prolongement naturel de l'Algérie et l'espace dans lequel elle évolue et se développe», a rappelé le Premier ministre.La présence de plus en plus visible des migrants du Sahel dans la presque totalité des villes du pays a atteint un degré tel que le gouvernement s'est vu obligé de monter au créneau pour mettre en garde contre des tentatives de «porter atteinte à la réputation» de l'Algérie, une allusion explicite aux instigateurs d'une stratégie qui vise à ternir l'image de marque africaine du pays dont on prétend qu'il serait raciste. Tout dans l'histoire de l'Algérie indépendante démontre le contraire, à commencer par sa doctrine immuable de soutien inconditionnel aux peuples en lutte pour leur indépendance et pour leur souveraineté. Alger n'a-t-elle pas été, pendant une décennie environ, la Mecque des mouvements de Libération nationale, en majorité africains' Ceux-là qui cherchent à fourvoyer l'opinion internationale sur les engagements pérennes de l'Algérie peuvent-ils en dire autant au regard de l'Histoire'En réaction à ces manoeuvres, concoctées dans des officines spécialisées dans les opérations de déstabilisation, le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune était monté au créneau ces jours derniers, pour estimer que «la présence de nos frères africains dans notre pays sera réglementée et (que) le ministère de l'Intérieur procède actuellement à travers les services de police et de la Gendarmerie au recensement de tous les déplacés». Le Premier ministre a fait ainsi référence à une carte qui sera attribuée à tout déplacé dont la présence en Algérie a été approuvée et qui donnera accès aux opportunités de travail. Comme aussi il a révélé que des discussions sont engagées avec les pays d'origine des migrants pour organiser leur rapatriement, dans les conditions optimales qui ont prévalu pour les ressortissants des pays frères tels que le Mali et le Niger. «Nous ne sommes pas des racistes, nous sommes des Africains, des Maghrébins et Méditerranéens.» «L'Afrique et le Monde arabe sont le prolongement naturel de l'Algérie et l'espace dans lequel elle évolue et se développe», a insisté Tebboune, réaffirmant «le devoir moral et humain qui nous impose de prêter assistance à nos frères contraints de fuir leurs terres en raison de la pauvreté et des affres de la guerre». «Il ne faut pas tourner le dos aujourd'hui à ceux qui nous ont aidés hier», a-t-il martelé, admettant que cette situation a induit «des difficultés objectives, notamment au niveau de certaines wilayas frontalières». Forte de ses traditions, de son expérience et de sa doctrine que ne sauraient ébranler les calculs et les coups fourrés, l'Algérie est en droit de gérer, souverainement et objectivement, une situation qui implique le recours aux organes de sécurité, aux instances nationales d'aide et de secours, ainsi qu'à la diplomatie. Sans cesse, dans le cadre de l'Union africaine, celle des 5+5 et d'autres canaux régionaux et internationaux, l'Algérie a mis l'accent sur la véritable solution du drame des migrants qui passe par l'instauration de la stabilité et le règlement des conflits dans la région, à travers des processus politiques pacifiques à même de garantir l'unité des nations et la souveraineté des peuples. Des processus qui, d'ailleurs, ne sauraient se suffire à eux-mêmes, mais exigent dans le même temps de réels efforts matériels et financiers en faveur des populations en détresse dans cette région sahélienne, ce qui signifie la mise en oeuvre d'un véritable plan de développement seul à même de fixer et de stabiliser les candidats à la migration. Ce discours a été maintes et maintes fois ressassé, des promesses ont été maintes et maintes fois réitérées mais au final la situation est telle que, chaque semaine, on recense les centaines de cadavres qui témoignent tragiquement de l'inaction des grandes puissances, plus aptes à donner des leçons qu'à donner réellement l'exemple, mis à part de rares exceptions. L'Algérie accompagne depuis plusieurs années les transformations sociales et économiques des pays frères sahéliens. Elle ne saurait agir autrement, sachant que ces bouleversements ont des conséquences directes et indirectes sur sa propre sécurité. Aussi, apportet-elle sa solidarité et son soutien aux réformes en cours, attentive à toutes mutations et offensive pour ce qui est du rôle impératif de la communauté internationale pour le succès de ces transitions ô combien difficiles. Tout particulièrement, l'Algérie veille à préserver l'ensemble de la région des éventuels dérapages qui risquent de naître des avancées démocratiques enregistrées qu'il importe de soutenir par les indispensables avancées économiques. Lors de la 11ème Conférence ministérielle 5+5 pour une «stratégie régionale sur le Sahel», à Lisbonne, une stratégie régionale incluant l'ensemble de ces engagements avait été adoptée et des «mesures appropriées» retenues dans un cadre «global et intégré». Sauf que sur le terrain, on est toujours dans l'attente des premières initiatives...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com