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La distribution, le casse-tête



La distribution, le casse-tête
Le Salon de la femme artisane, qui se tient jusqu'au 25 mai à l'Office national de Riadh El Feth (Oref), n'a pas attiré grand monde. Les visiteurs étaient essentiellement des artisans. « Nous espérons une plus grande affluence le week-end », dira Aïcha Terchi, artisane spécialiste de la récupération. Pour elle, la matière première ne pose aucun problème. Avec des sous-tasses, notamment, elle crée des bijoux très colorés, qui se vendent, selon elle, comme des petits pains durant la saison estivale. N'empêche, Aïcha Terchi, artisane d'Aïn Defla, doit se déplacer jusqu'à La Casbah d'Alger pour se procurer des fils élastiques. « Ce produit importé n'existe pas ailleurs. Il n'est disponible que dans une boutique de La Casbah », fera-t-elle savoir. Selon d'autres artisanes présentes à ce Salon, organisé à l'initiative de la Chambre de l'artisanat d'Alger, les matières premières dont elles ont besoin se vendent essentiellement à Alger. Les femmes artisanes d'Adrar déplorent que le cuir ne soit pas disponible dans cette wilaya et les régions environnantes. « Nous sommes obligées de parcourir 1.700 km en aller-retour par bus pour acquérir cette matière à Alger. Nous avons vainement saisi les collectivités locales à plusieurs reprises pour résoudre ce problème », confie Mme Nadjet, qui se plaint également de problèmes de commercialisation. « Nous faisons travailler les artisans et les artisanes qui vivent dans les ksar. Nous achetons leurs produits, que nous améliorons parfois, pour qu'ils se vendent mieux. Mais en l'absence de centres commerciaux dédiés à l'artisanat et aux touristes, il est difficile d'écouler nos produits », regrette-t-elle, en appelant à la création d'espaces d'artisanat au niveau de chaque wilaya afin, d'une part, de favoriser la promotion et la commercialisation des produits artisanaux et, d'autre part, constituer un réseau national des artisans. Elle signale, dans ce contexte, que certains de leurs produits sont commercialisés en Tunisie, en tant que produits tunisiens. « Des touristes algériens les achètent en croyant que ce sont des produits tunisiens », affirme-t-elle. Dans les grandes villes, à l'image de Tizi Ouzou, l'acquisition d'un local relève du parcours du combattant, selon Malika Bouriche, une artisane de cette région. « En plus du fait que je dois me déplacer à Alger pour acheter du fils cramé, jusqu'à présent, je n'ai pas encore de local. On assure que des facilités sont accordées aux artisans mais dans une grande ville comme Tizi Ouzou, c'est pratiquement impossible », confie-t-elle. En conséquence, elle ne vend ses produits qu'à l'occasion des salons de l'artisanat comme celui qui se tient actuellement à l'Oref.


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