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« La discipline, c'est ma vie »



« La discipline, c'est ma vie »
Quelle évaluation faites-vous sur l'évolution du karaté que vous avez pratiqué durant quinze ans 'Je voulais depuis mes premières années de karaté entamer ma carrière d'entraîneur. Pendant que j'étais athlète, beaucoup de personnes m'ont sollicitée pour les entraîner. J'ai aussi poursuivi mes études dans le même domaine. Les années sont passées et l'amour que je porte à cette discipline n'a cessé de grandir. Il faut savoir que le fait d'aimer quelque chose est un atout supplémentaire pour réussir. J'essaye aussi de donner le meilleur de moi-même, car la responsabilité d'un entraîneur est plus grande de celle d'un athlète.Où réside la difficulté pour la formation d'athlète 'Scientifiquement, le sport en général, le karaté en particulier, doit être pratiqué à partir de l'âge de sept ans. L'enfant peut dès cet âge, assimiler plus rapidement. Un enfant qui a moins de sept ans, doit avoir plus de temps pour apprendre. Dès que je reçois des filles et garçons qui ont moins de sept ans, je leur fait un test. Il y a des enfants hyperactifs et d'autres moins. Dans les cours de karaté, j'essaye d'éviter aux enfants l'ennui et le stress. Il faut savoir que notre sport demande beaucoup de concentration et de rigueur.Vous êtes l'une des anciennes athlètes à faire rarement des déclarations à la presse. Peut-on savoir pourquoi 'Je suis une personne réservée. Je ne peux pas dire que j'ai rejeté des invitations ou sollicitations. D'ailleurs, j'ai fait récemment une interview sur la chaîne privée Ennahar TV dans l'émission « L'autre visage ». Je suis également la professeure de sport des élèves de l'émission « Alhan Wa Chabab ».C'est aussi le cas dans le milieu du karaté algérien...Je suis disponible et active dans l'intérêt de la discipline. Je ne peux pas me proposer tant que je n'ai pas été sollicitée. Et je n'ai jamais fermé la porte à des propositions. Cela dit, j'ai toujours mes principes qui m'empêchent d'aller demander du travail.Quelle est la différence entre le karaté d'hier et celui d'aujourd'hui 'Le karaté n'est plus ce qu'il était auparavant. A notre époque, les entraînements étaient très durs. Au début, l'athlète avait l'occasion de prendre part à plusieurs compétitions. Il y avait aussi la continuité dans le travail. D'ailleurs, c'est ce qui m'a permise de faire quinze ans en équipe nationale. Malheureusement, la donne a changé aujourd'hui. L'athlète a des ambitions limitées. Certains se contentent d'un titre national ou continental, puis c'est la fin prématurée de leur carrière.La discipline a vu une baisse terrible en matière de résultats durant ce cycle olympique. Quel est le remède 'Il faut avant tout des personnes qui travaillent pour que le karaté algérien brille sur le plan international. Il ne suffit pas d'être responsable ou entraîneur sans que le karaté ne soit mis sur une bonne lancée. Le niveau mondial n'est pas loin quand il y a du travail à partir des petites catégories.Quelle relation entretenez-vous avec les anciennes et anciens athlètes de votre génération comme l'ex-président de la fédération algérienne, Boubeker Mekhfi, ou l'ex-entraîneur national de kumité garçons, Reda Benkeddour 'Que ce soit Mekhfi ou Benkeddour, ce sont des amis et frères. Nous sommes toujours en contact. J'ai de très bons souvenirs avec ces deux grands champions. Ils étaient des athlètes professionnels, disciplinés et bien éduqués. Je n'oublierai jamais ce que nous avons vécu à l'équipe nationale ou avec le Mouloudia d'Alger. Des années après, ils ont aussi fait leur reconversion pour passer comme président de fédération durant le cycle olympique 2012-2016 et comme coach national en kumité. Je leur souhaite un retour en force. Je pense que l'apport des anciens karatékas reste toujours indispensable.Le karaté pourrait passer comme sport olympique en prévision des jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Qu'est-ce que cela peut apporter à l'Algérie 'Je pense que cette possible intégration du karaté dans les joutes olympiques apportera beaucoup. Il y aura plus de médiatisation et une dimension plus grande. C'est le cas d'ailleurs du judo qui ne cesse d'être médiatisé. Vous n'avez qu'à voir le nombre de compétitions internationales retransmises en direct sur les chaînes de télévision. En Algérie, il est clair que cette promotion donnera un second souffle à la discipline.Quels sont vos prochains objectifs comme entraîneur 'Je ne veux pas parler de prévisions. Je vais continuer ma mission au sein de mon club avec mes athlètes que je dois faire grandir. Mon plus grand plaisir est d'assister à la réussite de mes élèves. Je veux aussi faire grandir mon fils, qui va également m'emboîter le pas en karaté.Le club formateur en Algérie est majoritairement négligé. Mais la réussite est toujours le fruit des sacrifices et les compétences techniques et administratives. Au TN Zéralda, avez-vous tous les ingrédients pour réussir 'Il faut un bon président. Ce qui va le pousser automatiquement à choisir un bon staff technique. Au niveau de notre club, nous formons avec mon frère Abdelkrim et toute l'équipe une famille sportive unie. Nous veillons au bien-être des athlètes, qui méritent toute notre considération. Déjà des années sont passées depuis que j'ai commencé avec le club. Le bilan est largement satisfaisant, surtout que nous travaillons avec nos propres moyens.Les parents suivent-ils la carrière de leurs enfants 'En tant qu'entraîneur, je discute beaucoup avec les parents. Je dois savoir si les enfants sont heureux de faire partie du club. Je veux à chaque fois savoir la réaction de chaque élève avant et après les séances d'entraînement. Sur le plan scolaire, je veille à m'informer sur les résultats de mes athlètes. Il faut qu'on pousse l'enfant à faire un équilibre entre le sport et sa scolarité.Comment parvenez-vous à choisir le bon athlète pour la bonne spécialité 'Le choix vient en majorité de l'athlète lui-même. L'enfant combatif montre automatiquement des signes dès ses premières démonstrations. Il y a d'autres qui fuient le combat et préfèrent le kata. Une autre catégorie essaye de faire les deux, mais n'arrive pas à maîtriser le kata. Pour savoir, l'athlète qui fait le kata a un morphotype spécial. Il doit être moyen de taille et sans des kilos en trop.
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