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La diplomatie algérienne signait sa première victoire internationale



La diplomatie algérienne signait sa première victoire internationale
En 1954, les dirigeants de cinq pays asiatiques nouvellement indépendants (Inde, Ceylan, actuellement Sri Lanka, Birmanie, Indonésie et Pakistan) se réunissaient à Colombo (Sri Lanka) puis à Bogos (Indonésie) afin d'accélérer la fin de la guerre d'Indochine en encourageant l'indépendance de celle-ci.L'idée aboutira à la tenue de la conférence de Bandung du 18 au 24 avril 1955, consacrée essentiellement à faire un front uni des pays du tiers-monde face à la colonisation et pour s'entraider économiquement.Ce fut une occasion en or pour les Algériens, sous la bannière du FLN, de faire entendre leur cause, d'autant plus que cette conférence comptait plus de 600 participants et 29 pays dont 14 d'Afrique qui venaient pour la plupart d'accéder à l'indépendance.Invité du forum de la mémoire d'El Moudjahid en collaboration avec Machaâl Echahid, le Dr Amar Rekhila, historien-chercheur sur les mouvements nationalistes, est revenu sur cet évènement important dans la diplomatie algérienne qui, en y participant, a signé sa première victoire internationale.La délégation algérienne (FLN) aura au début quelques difficultés de représentativité puisque l'Algérie, alors sous le joug colonial, n'était pas encore reconnue officiellement par les autres pays membres de la conférence.Le travail, dira le conférencier, consistait donc pour les porte-parole du FLN, à savoir Hocine Aït-Ahmed et M'hamed Yazid, de participer au sein de la délégation maghrébine regroupant les trois pays d'Afrique du Nord conduite par Salah Benyoucef et non de Bourguiba, qui, faut-il le rappeler, plaidait pour une Algérie en tant que colonie française alors que la Tunisie était sous protectorat.Salah Benyoucef parlait quant à lui de décolonisation. Le problème de représentativité sera finalement réglé grâce à l'intervention des autorités égyptiennes qui retiendront la participation algérienne au sein de la délégation maghrébine.Mais, précisera le Dr Rekhila, le travail en coulisse effectué par les deux porte-parole du FLN auprès des délégations participantes et qui aboutira dans une première étape à l'inscription de motions, d'abord de soutien au profit du peuple algérien de décider de sa destinée, ensuite de saisir l'ONU pour la programmation de la question algérienne à l'ordre du jour de sa prochaine assemblée générale.Le message fut en effet passé malgré la désinformation menée sans répit par l'administration coloniale, ce qui provoqua une certaine gêne chez certains pays participants vis-à-vis de la France. C'était trop tard.L'un des points (10 en tout) de la résolution de cette conférence demande à la France de revoir sa copie sur la question algérienne. Ce point important pour le FLN fera partie des revendications adressées par les pays signataires de la résolution issue de la conférence de Bandung et ce, quelques mois seulement après la tenue de cette dernière.L'assemblée générale des Nations unies inscrira ce point en septembre 1955, ce qui provoquera le courroux de la délégation française qui quittera la salle.A partir de ce moment, la question algérienne sera régulièrement à l'ordre du jour de l'ONU jusqu'en 1962. L'objectif a été atteint par la délégation du FLN lors de la conférence de Bandung. Les 29 pays ont pris connaissance de la revendication majeure du peuple algérien à disposer de son sort. Pour sa part, le ministre conseiller auprès de l'ambassade d'Indonésie à Alger a rappelé les objectifs de la conférence de Bandung basés essentiellement sur la décolonisation.Cette conférence donnera lieu à la naissance du Mouvement des non-alignés en 1961, un mouvement qui continue de militer jusqu'à nos jours pour la décolonisation. Et c'est grâce à cette lutte que beaucoup de pays ont pu accéder à l'indépendance.Le ministre conseiller a été honoré à cette occasion par la direction d'El Moudjahid qui lui a remis un burnous, symbole national et gage de fraternité entre l'Algérie et l'Indonésie, pays ami qui a offert l'occasion à la diplomatie algérienne de marquer son existence à l'échelle internationale.


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