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La détresse des travailleurs de la Société des courses hippiques et du pari mutuel



Depuis plus de trois mois, les travailleurs de la Société des courses hippiques et du pari mutuel (SCHPM) poursuivent leur «chevauchée» pour percevoir leurs salaires. Le galop qu'ils ont entrepris depuis l'arrêt de l'activité des courses équestres n'est pas près d'arriver au finish. Face au «mutisme» de leur tutelle, le ministère de l'Agriculture, ils ne savent plus à quel saint se vouer.Rym Nasri ? Alger (Le Soir)- La suspension de l'activité des courses de la Société des courses hippiques et du pari mutuel (SCHPM), au début de la pandémie de Covid-19, fin mars dernier, n'a pas été sans impact sur les partenaires sociaux et économiques de l'entreprise. Depuis plus de trois mois, ses 360 salariés n'ont plus perçu leurs salaires et vivent une «précarité» sans précédent. «Nous avons reçu une instruction du ministère de l'Agriculture pour arrêter l'activité des courses le 18 mars dernier. Depuis, l'entreprise ne peut plus honorer ses engagements pour payer les salariés puisque les courses, sont sa seule source financière», explique Djamel Oudafal, coordinateur national du syndicat des travailleurs de l'entreprise SCHPM, affilié à l'UGTA (Union générale des travailleurs algériens). Il assure que les salariés mobilisés, malgré la crise sanitaire, continuent à ce jour à travailler sans percevoir un sou. «Nous continuons à entretenir les pistes, à nourrir, à soigner et à entraîner les chevaux qui sont plus de 2 000 étalons à l'échelle nationale, toutes races confondues. Ce sont des athlètes et ils doivent rester en forme. Mais, nous n'avons reçu ni la paie du mois d'avril, ni celle du mois de mai, ni celle du mois de juin. Pourtant, l'Etat avait promis de nous prendre en charge suite à l'arrêt des courses», précise-t-il. Idem pour les travailleurs qui sont démobilisés. «Ils ont consommé leur reliquat de congé et ont été mis en congé anticipé mais, eux aussi, n'ont jamais perçu leurs salaires», dit-il. Cette crise a également affecté le partenaire économique de la SCHPM qui compte près de 1 200 salariés indirects : propriétaires éleveurs, entraîneurs, jockeys, lads (employés chargés de garder et de soigner les chevaux de course) et drivers. «Ces personnes n'ont pas touché leurs dotations des entrées des courses depuis avril», ajoute-t-il. Le coordinateur national du syndicat des travailleurs de l'entreprise déplore, à cet effet, le silence des pouvoirs publics. «Nous avons saisi le ministre de l'Agriculture, le Premier ministre et même le président de la République mais sans suite. Nous avons d'ailleurs établi un protocole d'accord entre le partenaire économique, le partenaire social et l'employeur, il y a plus de deux semaines, que nous avons adressé à notre tutelle mais toujours aucune réponse», note-t-il.
Selon lui, le ministère de l'Agriculture pouvait pourtant trouver des solutions à ce problème financier, notamment par le recours à des crédits bancaires. «L'aide de 10 mille dinars attribuée par l'Etat nous a été refusée car nous sommes des salariés affiliés et donc, nous n'y avons pas droit. Même du temps de la bande mafieuse qui a pillé le pays, nous n'avons pas subi ce que nous endurons actuellement», peste-t-il. Djamel Oudafal interpelle, pour la énième fois, les autorités concernées pour se pencher sur le cas des travailleurs de la Société des Courses hippiques et du Pari mutuel afin de mettre fin à leurs «souffrances». «Après un mois de Ramadan et les fêtes de l'Aïd-el-Fitr passés sans un sou, nous ne pouvons plus continuer dans cette précarité, alors que l'Aïd-el-Adha approche. Qu'ils nous trouvent une solution !», conclut-il.
Ry. N.
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