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La décentralisation confortée ' Commentaire



La décentralisation confortée ' Commentaire
On l'oublie trop souvent, mais la ville d'Alger est la capitale du pays en vertu de l'article 4 de la Constitution en vigueur. Il en a été toujours ainsi depuis la première loi fondamentale adoptée tout juste une année après l'Indépendance. Chacune a inscrit ce statut qui fait partie des attributs distinctifs de l'Etat, au même titre que la langue ou le drapeau. De vieilles Constitutions en Europe, à l'exemple de celles de l'Espagne et de la Russie, évoquent cette question en désignant une capitale. La position géographique d'Alger et son statut consacré depuis, au moins, le 16e siècle, ont été des facteurs qui ont conforté sa place. Tlemcen qui, un certain temps, fut la capitale, Béjaia, ou, plus loin encore, du temps des Roustoumides, Tihert, n'ont conservé que le privilège de l'Histoire qui ravive la nostalgie. Dans bien des pays, il existe des capitales économiques, des cités qui, par la richesse de l'histoire et les trésors de l'archéologie, peuvent prétendre au statut de cités spirituelles. Dans un pays aussi vaste que le nôtre, bien des analystes ont plaidé, pourtant, pour l'émergence d'une autre capitale, du moins de nouvelles villes qui pourraient prétendre à un tel statut. Les projets initiés ces dernières années, notamment dans les Hauts-plateaux et le Grand-sud, visent, justement, par la création de nouveaux espaces d'habitation et d'activités économiques, à répartir plus équitablement la population et à corriger les déséquilibres en termes d'occupation de l'espace et de développement. Une capitale économique, pour les rêveurs, ne serait pas une hérésie. Dans les années 70, déjà, Boughezoul, Aïn Oussera, étaient, à terme, pressenties pour desserrer l'étau sur la capitale. Aussi, le sujet revient, ces derniers mois, au-devant de l'actualité. Un constat, de nos jours, largement partagé. Alger, malgré les réels efforts des pouvoirs publics en matière, notamment, de transport et d'infrastructures routières ou d'alimentation en eau potable, étouffe. Sous le poids d'une population en perpétuelle croissance, de la vétusté du bâti et de la cherté du foncier, elle semble accumuler beaucoup de tares. Y vivre où y travailler est, par biens des aspects, éprouvant. Nombre d'Algériens pestent contre la concentration des services et des administrations dans cette ville. La décentralisation est une véritable necéssité en Algérie. Dans plusieurs pays, à l'image de l'Espagne ou de l'Allemagne, des titres entiers de la Constitution détaillent les pouvoirs des collectivités locales, même dans des domaines liés à la vie quotidienne, comme l'enseignement ou la santé. Il serait quasi irréaliste d'attendre de la nouvelle Constitution qu'elle procède au déclassement d'Alger. Le renforcement des prérogatives des collectivités locales n'est pas, néanmoins, à écarter. L'article 16 de la Constitution stipule déjà que « l'assemblée élue constitue l'assise de la décentralisation et le lieu de participation des citoyens à la gestion des affaires publiques ». Un enrichissement de ces dispositions, pour que cette gestion soit plus réceptive aux attentes des citoyens, n'est pas du domaine de l'impossible. En affirmant, à maintes reprises, sa volonté de favoriser la bonne gouvernance, conditionnée par une plus large participation des assemblées élues et des associations à la prise de décisions, le gouvernement favoriserait cette orientation. La Constitution pourrait donner un contenu plus explicite à la décentralisation, préfigurée par les récents amendements apportés aux codes communal et de wilaya. C'est le concept de démocratie, désormais, relié à la proximité, qui se trouverait plus conforté.
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