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La culture est le parent pauvre des médias



La culture est le parent pauvre des médias
La plupart des éditeurs de la presse nationale privilégient la politique et le sport aux dépens de la culture, a souligné, hier, le ministre de la communication, Hamid Grine, sur les ondes de Radio culturelle. Le ministre a déploré que la culture soit marginalisée dans la majorité des journaux. « Ce ne sont pas les journalistes qui sont en cause, mais les éditeurs qui préfèrent les envoyer couvrir les manifestations politiques et sportives plutôt que culturelles. Les patrons de presse, en fait, négligent la culture, car, pour eux, elle n'est pas rentable », remarque-t-il. Une conviction que partagent également, constate-t-il, les entreprises économiques publiques et privées qui se montrent réticentes à l'idée de sponsoriser la culture dans les médias. « Les entreprises où les patrons de presse exigent une contrepartie, une rentabilité. Or, ce qui motive un intérêt pour tout ce qui est culturel, c'est l'amour de la culture. Cet intérêt-là a été perverti lors de la décennie noire, alors qu'il était en essor avant cette période-là », souligne-t-il, signalant, par ailleurs, que la culture de mécénat fait défaut. Evoquant les journalistes culturels, le ministre souligne que c'est la spécialisation la plus difficile du fait qu'elle exige une maîtrise de ce qui a trait à la culture et appelle à une formation spécialisée qui n'existe pas. « La spécialisation fait défaut dans le secteur des médias. Que ce soit dans la culture, l'économie ou la finance... Et même si le journaliste montre des aptitudes pour le culturel, il opte pour la politique, car cela lui permet de construire un nom plus facilement et plus rapidement », relève-t-il. « Les hommes et les femmes de culture ne manquent pas dans notre pays, mais l'opinion ne consomme pas les contenus culturels », note-t-il. Grine a appelé, dans ce contexte, à changer de mode de consommation. « La culture ne peut pas être commandée, elle doit émaner du bas et non du sommet. Et les médias ont un rôle à jouer dans cela. Car c'est la culture qui tisse des liens dans la société. Il nous faut absolument un sursaut culturel, une révolution culturelle et pour cela, les éditeurs et les médias doivent s'impliquer », estime-t-il. Le ministre a assuré, dans ce registre, que son département incite les patrons de presse et les médias audiovisuels à consacrer plus d'espace à la culture. « Si des chaînes de télévision accréditées consacrent des émissions culturelles et si des journaux consacrent plus de pages à la culturelle, c'est sur instruction du ministère de la Communication. Un citoyen ne peut pas nourrir sa personnalité avec de la politique », juge-t-il. Grine a salué, dans son intervention, les efforts de la Radio nationale dans la promotion de la culture dans les 48 wilayas. Evoquant le prix de Radio culture, une première depuis l'indépendance, selon lui, il dira que cette initiative de son département prouve l'intérêt que le secteur de la communication accorde à la culture. « De même que notre initiative conjointe avec le ministère de la Culture de valoriser encore plus le prix Assia Djebar qui ne sera plus décerné dans le cadre du Salon international du livre d'Alger, où il passe inaperçu. Il sera remis en décembre, de même que celui de Radio culture, et les lauréats seront choisis en fonction de leurs ?uvres et non dans la précipitation », assure-t-il. Interpellé sur les journaux électroniques, le ministre a signalé que les textes réglementaires relatifs à l'information numérique sont réalisés entre 90 et 95%.
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