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La criminalité financière touche surtout les marchés publics et le commerce extérieur



La criminalité financière touche surtout les marchés publics et le commerce extérieur
La criminalité financière en Algérie touche surtout les finances publiques, à travers la corruption au niveau des marchés publics, et le commerce extérieur, par le transfert de change, a indiqué avant-hier à Alger, le commissaire aux comptes, Mourad Tabet.Intervenant lors d'une conférence sur la criminalité financière, organisée par le réseau euro-arabe de la formation judiciaire, M. Tabet a expliqué que la criminalité financière est également enregistrée dans le secteur bancaire à travers les infractions commises au contrôle de change, dans le cadre de transferts illicites et de non remboursement de crédits. Pour cet expert, la fraude fiscale est aussi une pratique courante en Algérie, de même que les chèques sans provision, les détournements de fonds et l'abus de position dominante. Il a, par contre, relevé que le pays est pour le moment épargné de la délinquance liée aux marchés financiers qui sont à l'état embryonnaire, tels que les délits d'initiés. Il n'est pas, non plus, concerné par la cybercriminalité, le paiement par internet, une technique pas encore usitée. Quant aux techniques les plus utilisées par la criminalité économique, le commissaire aux comptes a cité les appels d'offres truqués, la fausse facture, la facture fictive (très répandue), la surfacturation dans le cadre du transfert illicite de la devise à l'étranger et le faux bilan. La majoration des factures à l'importation, «relativement récente» comme technique criminelle, est pratiquée par les multinationales activant en Algérie qui facturent leurs importations à des prix dépassant largement le prix du marché pour faire un transfert de bénéfice illégal, a-t-il précisé. Parmi les autres techniques de la criminalité financière, il a énuméré les faux travaux supplémentaires et hors marché, le gré à gré... En outre, les détournements de fonds et d'actifs sont «plus répandus» dans les entreprises publiques que privées, a-t-il fait remarquer. L'intervenant a cité, à l'occasion, les cas de banques frauduleuses qui sont traitées devant la justice, à savoir, BCIA Bank et Khalifa Bank. M. Tabet a, par ailleurs, noté l'augmentation «importante» de non-remboursement de crédits, tel que les prêts destinés aux jeunes, chômeurs, mais aussi dans le secteur agricole, relevant que le Trésor engage «très peu» de poursuites judiciaires à l'encontre de ce type de délits. Pour sa part, le commissaire aux comptes, El Bachir Benmansour, a abordé l'aspect de blanchiment d'argent, technique consistant à réintroduire l'argent sale dans le circuit bancaire, pour pouvoir l'utiliser de manière «légale sans s'inquiéter», où la corruption et les faux documents sont utilisés. Il a également abordé le dispositif de prévention mis en place pour lutter contre le crime financier, notamment l'audit interne et externe que prennent en charge les commissaires aux comptes.


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