Les diplomates sud-africains tiennent à vivre «en direct» à partir
d'Alger, la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde prévue ce vendredi à
Johannesburg.
L'ambassade d'Afrique du Sud à Alger voudrait faire «comme si on y est».
Les diplomates sud-africains accrédités à Alger organisent vendredi prochain à
l'hôtel Sofitel d'Alger, une réception pour célébrer l'organisation de la Coupe
du monde dans leur pays. Prévue vendredi prochain à partir de 14h, heure
algérienne, la cérémonie d'ouverture de ce grandiose événement sera retransmise
en direct sur les télévisions du monde entier. Les diplomates sud-africains
veulent vivre cette retransmission «en direct» avec leurs invités algériens à
partir d'un écran géant placé dans l'une des salles du Sofitel. En plus de la
participation de l'équipe nationale aux compétitions footballistiques,
l'Algérie contribuera à la cérémonie d'ouverture par des troupes artistiques
folkloriques et modernes. Des manifestations culturelles sont aussi prévues
tout au long de la tenue du Mondial.
Depuis que l'Afrique du Sud a été
retenue pour abriter la Coupe du monde 2010, ses responsables déploient
d'importants efforts de diplomatie publique pour donner une image rassurante de
leur pays. Ils tentent ainsi d'atténuer des interventions des Occidentaux qui
continuent «à se braquer essentiellement sur la situation sécuritaire en
occultant les efforts déployés en matière de développement dans tous les
secteurs.» L'Afrique du Sud est présentée par l'Occident comme étant un pays où
les dérives en matière d'insécurité se conjuguent au quotidien. Leurs médias
font état d'une cinquantaine de meurtres par jour, dont plusieurs sont
attribués à des comportements racistes, plus de 2.000 viols par an et un nombre
de vols dépassant l'entendement. C'est surtout un pays à majorité noire mais où
9% de Blancs en détiennent pratiquement l'ensemble des richesses. Un
déséquilibre économique et social effroyable. En janvier dernier, lors de la
visite à Alger du comité de coordination FIFA de la Coupe du monde, les
responsables sud-africains avaient indiqué qu'«il était temps de mettre un
terme aux stéréotypes véhiculés sur l'Afrique, ne l'identifiant que par la
pauvreté, les maladies, l'insécurité et le sous-développement.»
100 ans après…le Mondial en Afrique
Le souhait de Joseph Blatter lors
de la cérémonie du tirage au sort qui a eu lieu l'année dernière en Afrique du
Sud a été que «l'organisation de la Coupe du monde en Afrique du Sud devrait
assurer qu'il y ait des écoles de formation sportive pour les enfants dans le
continent.» Les Sud-Africains espèrent mieux, que «le sport et le football
soient des leviers pour instaurer la paix et la sécurité en Afrique.»
Le comité de coordination FIFA ou
comme l'appellent les autochtones «Ke ako Road Show» devait à cette période
rendre visite aux 32 pays qui ont été qualifiés pour le Mondial. Il avait
choisi de commencer par l'Algérie en raison, nous a déclaré le chargé
d'affaires de l'ambassade, «des liens historiques entre les deux pays.» Des
liens qu'il estime en outre bien renforcés par leur projection à travers le
Nepad et dans l'Union africaine. Les Sud-Africains se rappellent toujours «du
soutien indéfectible que les responsables algériens ont toujours exprimé à
leurs leaders révolutionnaires dans leur lutte contre l'Apartheid». Ils notent
même que Nelson Mandela et Myriam Makeba avaient des passeports algériens. La
visite du président sud-africain en Algérie il y a à peine quelques jours «se
voulait une consolidation de cette longue et profonde amitié.» Le Ke ako Road
Show était composé de 25 personnes dont des représentants du ministère de
l'Intérieur, les Affaires étrangères, les Sports, la Culture, des membres de la
FIFA et - coïncidence de calendrier (avec celui relatant les déboires de
Djezzy) - des représentants de MTN, l'opérateur sud-africain de la téléphonie
mobile.
L'Afrique du Sud, qui a gagné le
pari d'être choisie pour abriter la Coupe du monde, veut, nous dit-on,
«célébrer l'Afrique tout entière.» Une coupe qui est organisée pour la première
fois dans le continent africain pendant que la FIFA fête ses 100 ans de vie.
«Maïté» pour El-Khadra et «Mourad» pour les Bafana Bafana
Le pays de Jacob Zuma devra
aujourd'hui relever le défi de «bien le faire». Ses diplomates accrédités à
Alger assurent que leur pays a (ré)instauré l'ensemble de ses infrastructures
pour le bon déroulement de cet événement planétaire. Ils promettent que 10
stades vont accueillir les compétitions dans «de bonnes conditions.» Les hôtels
ont mis au point plusieurs formules promotionnelles pour loger les hôtes du
premier Mondial aux allures africaines. Le plus important pour les diplomates
sud-africains est que la sécurité soit assurée à tous les visiteurs. «C'est une
question qui ne nous empêche pas de dormir», nous avait lancé sereinement le
chargé d'affaires pour paraphraser le directeur sud-africain de la police,
Bhelci Cele. Il fait savoir que son pays a beaucoup investi dans le domaine de
la sécurité. Il a procédé ainsi, selon lui, à l'augmentation des effectifs de
la police «en tenue et en civil». Etant un de ses partenaires, l'Afrique du Sud
associera «ses troupes de policiers et de militaires à celles d'Interpol pour
assurer la sécurité dans les villes et protéger les frontières du pays.» Les
responsables assurent que leur pays recourt pour cela à «des technologies
modernes de surveillance et de communication». Ils soulignent que ce n'est pas
la première fois que l'Afrique du Sud réussit à organiser des événements de
grande envergure. «Elle a abrité entre autres la Coupe du monde de cricket, de
rugby, la Coupe d'Afrique des nations et les Jeux africains sans incidents
majeurs», nous avaient affirmé les diplomates.
«Les Anglais sont une équipe très forte. Ils ont une longue tradition et
une grande expérience dans le football. La Slovénie et les Etats-Unis sont
aussi de bonnes équipes. L'équipe algérienne devrait bien se préparer», ont-ils
confié à propos de la participation des Verts dans le Mondial. «Le résultat
dépend toujours de la préparation des joueurs», tentent-ils cependant de
rassurer. Pour rappel, la ministre sud-africaine des Relations internationales
et de la Coopération avait promis, lors de sa visite il y a quelques jours à
Alger, de supporter l'Algérie en portant le maillot d'El-Khadra le jour où elle
jouera. Le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci, qui l'appelait par
son prénom Maïté, devra lui aussi porter celui des Bafana Bafana (qui veut dire
jeunes hommes en zoulou) pour soutenir les joueurs sud-africains.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com