
La Coordination des mouvements de l'Azawad (Mouvement national de libération de l'Azawad, Haut-Conseil de l'unité de l'Azawad, un groupe proche d'Ansar Eddine, et Mouvement arabe de l'Azawad) qui a signé, le 24 juillet dernier, la Déclaration d'Alger a créé, mardi dernier, à Anéfif, dans la région de Kidal, à l'issue d'une réunion de trois jours de ses secrétaires généraux et de ses responsables militaires, un état-major commun. Le gouvernement demande au Conseil de sécurité de se saisir de la question et de prendre les mesures appropriées face à de tels agissements. Cette « entité militaire », composée de 10 officiers, 3 de chaque mouvement, et commandée par Mohamed Ag Najim, semble traduire, moins d'une semaine après la troisième phase des pourparlers inclusifs intermaliens d'Alger, un message à l'endroit de l'Etat malien. En cas d'échec des négociations, les trois mouvements relanceront leur projet de création de l'Etat Azawad. « Cette nouvelle structure militaire a pour objectif de répondre à l'insécurité grandissante dans nos régions et protéger nos populations contre les agissements de toute forme d'organisation milicienne gouvernementale », déclarent ses dirigeants. Moussa Ag Acharatoumane, coordinateur des trois mouvements, se veut rassurant. Il s'engage à respecter les closes du cessez-le-feu du 23 mai 2014, signé à Kidal, et à poursuivre les recherches de solution négociée, car « le dialogue, dit-il, reste la seule issue viable au conflit qui oppose l'Azawad au gouvernement malien depuis plus de 50 ans ». Bamako, qui a pris connaissance de la création de cette coordination militaire, réaffirme son respect du cessez-le-feu, dément toute alimentation des violences et appelle les trois groupes armés qui inscrivent, selon eux, leur coordination « dans la droite ligne de la demande faite par la Mission internationale des Nations unies pour la stabilisation au Mali et l'Opération militaire française de contenir et d'éradiquer des villes azawadiennes toute forme d'insécurité », à ne pas abandonner le processus de paix.Pour les autorités maliennes, cette « création est contraire aux engagements pris par les responsables de ces trois mouvements », car elle est destinée à déclarer la guerre aux communautés du Nord, qu'elles soient civiles ou armées, hostiles à la division du Mali. Pour preuve, elles citent le meeting organisé par ces trois mouvements, le 23 octobre dernier, à Kidal. Tous les intervenants ont incité les populations à la haine et à la violence contre d'autres Maliens qualifiés « d'ennemis ». Prise de conscience ou non des enjeux des négociations d'Alger, la jeunesse malienne hausse la voix. Personne ne doit diviser le Mali ou semer la haine entre les Maliens, estime-t-elle dans une déclaration remise au président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, via son porte-parole, Mahamane Baby, à l'issue d'une rencontre, dimanche dernier, au Centre international des conférences de Bamako. Refusant « toutes les velléités séparatistes sous toutes leurs formes, qu'il s'agisse d'autonomie, de fédéralisme ou d'indépendance », la jeunesse malienne invite les amis de leur pays à ne pas tomber dans le piège des séparatistes. La France, qui a réduit à 1.400 hommes ses effectifs au Mali, renforce depuis quelques jours son dispositif dans le nord du pays, notamment à Tessalit, dans l'Adrar des Ifoghas.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel B
Source : www.horizons-dz.com