
Le communiqué de la Présidence, qui a annoncé cette visite, a précisé que celle-ci « s'inscrit dans une tradition séculaire de liens de fraternité, de solidarité et de bon voisinage entre les peuples algérien et malien ». La même source ajoute que les présidents des deux pays auront l'occasion de se concerter sur plusieurs questions d'intérêt commun, dont celles liées à la paix, la sécurité et la coopération dans la zone sahélo-saharienne. En particulier l'aboutissement de la médiation conduite par l'Algérie pour la restauration de la paix au Nord-Mali. Comme de coutume, en pareille occasion, les membres de la délégation qui accompagneront le chef de l'Etat malien auront à échanger avec leurs vis-à-vis algérien sur les perspectives de développer les relations bilatérales « dans tous les domaines offrant des opportunités ». Entre Bamako et Alger, le dialogue n'est jamais rompu. Il s'est plutôt renforcé dans le sillage de la crise malienne et des pays avoisinants dans le domaine de la sécurité. Les deux pays qui partagent une longue bande frontalière sont engagés solidairement dans la lutte contre le terrorisme. Mais aussi contre la contrebande et le trafic d'armes et de drogue. Les échanges sont donc réguliers sur cet aspect de l'actualité internationale. Le Mali, qui a aussi fort à faire pour résoudre ses problèmes politiques et sécuritaires internes, a fait appel aux bons offices de l'Algérie et de la communauté internationale. Les accords de paix signés le 1er mars dernier à Alger entre les autorités centrales et une douzaine de groupes politico-militaires maliens l'ont été sous les auspices de l'Algérie et de la mission onusienne. L'aboutissement des efforts de la médiation internationale a été unanimement saluée comme une opportunité offerte aux Maliens de parvenir à sceller la paix entre les différents antagonistes, en préservant l'intégrité territoriale et l'unité de leurs pays. Alger et Bamako partagent aussi le principe de la non-ingérence étrangère, d'où le souci de réunir intra-muros les conditions favorables au solutionnement des conflits politiques et sécuritaires. La démarche collective africaine vise à réduire les facteurs de tension locaux et à signifier par là même aux partenaires extra-régionaux que la responsabilité de la sécurité et du développement incombe d'abord aux Africains. Nul doute que cette question sera au centre des entretiens algéro-maliens qui succèdent aux consultations menées avec le Sénégal, le Tchad, le Niger, le Bénin, dont les présidents ont été les hôtes de l'Algérie dans un passé récent. Ainsi que de l'Ethiopie dont la visite du Premier ministre a été conclue par la signature d'importantes conventions de coopération. Si la dimension sécuritaire revêt une importance de premier plan avec le Mali au regard de la situation sensible prévalant dans la sous-région du Sahel, la coopération économique n'en est pas moins essentielle. Le timing de la visite d'Ibrahim Boubacar Keïta recoupe l'option de l'Algérie de promouvoir un partenariat afro-africain comme une orientation stratégique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd C
Source : www.horizons-dz.com