Le Rassemblement pour la culture et la démocratie a été contraint de tenir la sixième session de son conseil national en son siège national à El-Biar, sur les hauteurs de la capitale, suite au refus, pour la première fois dans le long parcours du parti, signifié par les services de la Wilaya d'Alger, de cette réunion qui devait se tenir à l'hôtel Riadh de Sidi-Fredj.M. Kebci - Alger (Le Soir) - Un refus non motivé et qui ne trouve pas d'explication aux yeux des responsables du parti progressiste, d'autant plus que nombre d'autres partis organisaient le même jour de similaires activités organiques dans des établissements publics.
Et dans son discours introductif aux travaux de ce conclave, le président du RCD a accusé le «pouvoir de fait de privilégier une normalisation avec le risque de dérapages violents, et les campagnes de division et de stigmatisation pour saborder toute transition démocratique, en dehors du parrainage du pouvoir et de ses clients».
Le soulèvement de février 2019 exprime, selon Mohcine Belabbas, une «réaction citoyenne salutaire face à une dérive assumée et, de plus en plus, périlleuse pour la Nation et qui n'est pas le fait de complots ou de manipulations». Pour lui, «le désir de changement profond, jusque-là porté seulement par des militants engagés, a pris une autre dimension, pour se transformer en un éveil collectif et un sursaut populaire provoquant une libération de la parole et de l'expression publique d'une qualité et d'une maturité insoupçonnées». Et au président du RCD de voir en «l'interdiction de rencontres dans des salles, et la fermeture des médias pour les voix du Hirak», la conviction chez le pouvoir de la nécessité «d'éviter, avant tout, un prolongement de cette parole qui a foisonné dans les manifestations pacifiques, les rencontres de proximité et les réseaux sociaux», estimant que «le danger pour le système n'est pas dans des courses aux positionnements des uns et des autres, mais dans la poursuite de la mobilisation unitaire du peuple algérien pour construire le rapport de force nécessaire pour imposer une transition démocratique et autonome».
Et d'accuser, dans la foulée, des acteurs se revendiquant de l'opposition de se mettre de la partie, eux qui, selon lui, «redoutent cette liberté de ton et l'affirmation des convictions individuelles de tout un chacun (...) s'employant à la combattre».
Considérant, par ailleurs, que le pays est «géré au jour le jour», le président du RCD estime «qu'aujourd'hui, les défis sont immenses et les urgences sont partout : urgence sanitaire, urgence dans le secteur de l'éducation et de l'enseignement, urgence économique et sociale, urgence institutionnelle, urgence de redéploiement diplomatique régional et international qui prend en compte d'abord les intérêts du pays avant ceux des pouvoirs...».
Dressant, par ailleurs, un tableau des plus noirs sur les plans social et économique, Belabbas relève sur le plan institutionnel, le fait que le «pouvoir de fait réédite les faux départs qui ont fait le nid des crises cycliques vécues par le pays depuis son indépendance». Pour lui, «l'entêtement à vouloir maintenir, encore une fois, un système politique qui a fait maintes fois la preuve de son obsolescence est le contraire de la recherche de la stabilité. En vérité, c'est l'aveu par excellence de l'impasse dans laquelle s'est fourvoyé le pouvoir de fait», affirme encore le président du RCD. Et Belabbas de qualifier de «dernier acte de cet entêtement, la programmation d'une énième révision constitutionnelle». Dans ce cadre, il estime qu'une Constitution est une norme politique, un contrat social, une manière d'être ensemble et une architecture institutionnelle». Pour lui, «la procédure de l'octroi est antinomique de son efficacité et sa pérennité. Elle signifie avant tout une opération de recherche d'un nouvel équilibre clanique, une vaine tentative tant la crise appelle au dépassement du système».
Le président du RCD affirme que «la refondation de l'Etat qui met au centre le débat sur la régionalisation est un impératif de survie pour la Nation. Les surenchères sur le statut de l'islam et des langues algériennes, orchestrées par un staff présidentiel en panne de projets, renseignent sur l'indigence des gardiens du siège d'El-Mouradia. Ces derniers trouvent du temps pour publier les élucubrations d'illustres inconnus en guise d'enrichissements pour la révision constitutionnelle», note-t-il, relevant, par ailleurs, que «le principe de la neutralité de l'Etat sur la question religieuse est largement admis et partagé dans notre société et au-delà dans la majorité des sociétés multiculturelles».
Pour Belabbas, «il y a ceux qui ?uvrent pour accompagner leur société et leur peuple dans la voie de la sécularisation. Il y a ceux qui instrumentalisent l'islam et les chefferies islamistes pour rester au pouvoir. Le système algérien est dans cette dernière catégorie. Il n'a pas changé».
Pour Belabbas, la «convocation du corps électoral pour entériner un projet d'amendement de la Constitution tout droit sorti d'une administration responsable de l'abîme infligé au pays est une provocation», estimant que du fait de sa programmation, un premier novembre, une date symbolique chère aux Algériens, cette provocation prend de fait «un caractère manipulatoire aggravé». Pour lui, l'offre politique des forces du Pacte de l'alternative démocratique (PAD) est «plus que jamais d'actualité et est un acquis pour la confluence des luttes démocratiques et l'aboutissement des revendications de la révolution de février».
M. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kebci
Source : www.lesoirdalgerie.com