Alger - Revue de Presse

La constante 85



Quatre-vingt-cinq pour cent des enseignants du primaire n?ont pas le baccalauréat », c?est le chiffre donné par l?inamovible ministre de l?Education, et qui a donné à réfléchir à tous les mathématiciens du pays qui s?évertuent à chercher, outre un logement décent, l?équation fondamentale qui régirait l?inefficacité algérienne. Car ce chiffre revient étrangement souvent, comme une constante nationale. Les statisticiens sont formels : 85% des votants à la dernière élection n?ont pas le bac politique et le bagage pédagogique nécessaire pour différencier un dinosaure d?un nénuphar. Mais ce n?est pas tout ; selon des sondages secrets commandés par les services du même nom, 85% des décideurs du pays n?ont même pas le BEF, 85% des cadres du FLN ont un terrain dans la banlieue d?Alger, 85% des militants du FFS aiment le chocolat suisse, 85% des dirigeants du RND frappent leur femme et 85% des patrons de journaux privés ont touché de l?argent de Khalifa. La constante 85 devient alors fondamentale, d?autant que si on la retranche du reste, il reste 15% d?Algériens représentant la minorité pensante, freinée en permanence par le conservatisme populiste des 85. 15% des Algériens n?ont pas voté Bouteflika en 2004, 15% des Algériens n?ont pas voté FIS en 1992 et 15% des Algériens détestent la mayonnaise sur les pizzas. Cette minorité morale est hélas phagocytée par les 85% qui créent du consensus de vieillards faisant que l?Algérie, ex-chantre de l?émancipation scientifique du tiers-monde, s?est retrouvée la nation la plus rétrograde de sa région, à travers son code de la famille le plus moyenâgeux du Maghreb, son islamisme le plus obscurantiste du monde arabe et ses m?urs les plus rigides d?Afrique, sans parler de son programme scolaire le plus tordu de la Méditerranée. Une solution ? Puisque 85% des Algériens rêvent d?un visa, il faut le leur donner. Et les laisser partir.
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