
La compagnie Alliance Assurances a démarré sous le nom «Amana assurance». La commission avait refusé cette dénomination par crainte que ce nom soit confondu avec «Al Baraka w El Amane» qui existait à l'époque. Le PDG de cette compagnie qui était dans l'obligation de chercher un autre nom est tombé par hasard sur un journal qui parlait de l'alliance présidentielle. C'est à travers l'appellation de cette corporation politique qu'est né le nom Alliance Assurances. Nous aurons plus de détails dans cet entretien avec son président-directeur général, Hassan KhelifatiLa NR : comment avez-vous eu l'idée de créer la compagnie Alliance Assurances ' Hassan Khelifati : c'est une belle histoire et en même temps c'est le destin, parce qu'Alliance a été lancée dans une conjoncture très défavorable, c'était en 2004, époque où Khalifa était en pleine crise. Je travaillais dans une boîte de matériaux de construction, et je devais assurer un véhicule. Après quelques jours, l'agent d'assurance de la compagnie avec qui j'ai tissé une relation amicale est venu me demander de me rencontrer et à partir de là, il m'a proposé de créer une compagnie d'assurance. C'est vrai que j'étais surpris mais je me suis dit pourquoi pas. L'idée m'a plu, j'ai alors contacté l'agent. Ainsi et grâce à lui, j'ai noué des connaissances avec des gens du secteur assurance qui m'ont tout expliqué. J'ai commencé à m'intéresser davantage au secteur et c'était le mois de mai 2004, où j'ai commencé à développer l'idée à faire un tour de table pour commencer l'opération. Ça n'a pas été facile, il y avait 12 tentatives de réunion qui avaient échoué, les gens avaient peur et ils étaient pessimistes, mais malgré cela, nous avons réussi le 4 décembre 2004 à signer les statuts. On a déposé le dossier le 19 décembre 2004 au niveau du ministère des Finances. Le dossier bien ficelé pour son étude a pris 6 mois. Le 9 juin 2005, on nous a contacté que le dossier a été accepté par le ministère des Finances. En effet, le 2 août 2005, l'agrément nous a été notifié. Quel est votre programme pour la célébration du 10e anniversaire ' Aujourd'hui ça fait 10 ans que la compagnie existe sur le marché algérien. Toute l'année est consacrée au 10e anniversaire, il y a eu plusieurs étapes d'organisation et de festivités. Les 28, 29 et 30 mai 2015 constitueront des dates importantes dans cette célébration, étant donné que le 28 mai nous allons tenir notre assemblée générale réunissant tous les actionnaires, et le 29 et 30 réunir, ici à Alger, tout le personnel au niveau national, c'est-à-dire plus de 450 personnes pour non seulement, discuter sur l'avenir de la compagnie, mais dresser le bilan des 10 ans d'exercice et aussi adopter un nouveau projet pour les 10 prochaines années et où nous allons faire adhérer tous les employés tous grades confondus. Pendant ces deux jours de réunion, on espérait que nous allons partager notre vision, notre bilan, voire ce que nous avons réussi et ce que nous n'avons pas atteint et repartir sur une nouvelle mobilisation pour atteindre de nouveaux objectifs et de nouveaux challenges. Comment évaluez-vous l'année 2014 ' Pour 2014, le chiffre d'affaires était de 4.42 milliards de dinars soit une augmentation de 7% par rapport à l'année précédente. Le nombre de souscripteurs a, quant à lui, augmenté de 24 000 nouveaux souscripteurs. Nous nous avons alors maintenu pratiquement notre portefeuille de l'année 2013. Aujourd'hui Alliance-Assurance a beaucoup d'ambitions et d'objectifs à réaliser, notamment la mise en place de service de qualité, de produits innovants et aussi d'améliorer son système d'information et celui de management pour aller vers plus de qualité et aussi répondre réellement aux besoins de la clientèle et sortir de l'engrenage de la guerre des prix qui existe sur le marché algérien. Ce n'est pas une politique de niche, mais c'est une politique de qualité, qui est plus difficile à mettre en place car elle demande plus d'efforts. Vous avez lancé récemment une nouvelle assurance qui s'appelle «OTO + KM». Donnez- nous plus de détails sur ce produit... Oui, c'est une nouvelle offre, c'est une façon aussi de segmenter le marché, et d'atteindre des cibles que nous n'avions pas atteint avant et aussi c'est une façon indirecte de récompenser les bons conducteurs et les conducteurs qui sont moins sinistrés parce que nous avons le département «étude produit», où les statistiques disent que pratiquement plus de 80% des automobilistes algériens roulent moins de 30 et 50 km par jour, c'est-à-dire des pères de famille, des femmes au foyer, des fonctionnaires qui font maison-boulot, boulot-maison, étant donné que c'est cette catégorie qui utilise les véhicules pour parcourir de petites distances prenant moins de risques d'accidents. Donc, nous avons segmenté pour dire aussi que pour cette catégorie nous allons faire une offre attractive qui ne diminue en rien au niveau de garantie mais de dire que puisque la probabilité de faire des accidents est minime chez vous, nous allons vous faire payer moins, et bien sûr, rester sur des tarifs ordinaires pour les catégories où le risque d'accident est très important. Cette année nous avons fait 3 offres pour les petits conducteurs, ECO 6000 : de 0 à 6 000 km, les conducteurs intermédiaires, ECO 12000 : de 6 000 à 12 000 km, les grands conducteurs, ECO 18 000 : de 12 000 à 18 000 km. Donc, c'est une innovation du marché, et aujourd'hui, après un mois de son lancement, cette offre a marqué les esprits et les résultats sont très encourageants. Vous avez annoncé déjà que vous allez vous retirer de la Bourse d'Alger, parlez- nous de ça... Ce n'est pas une annonce de retrait, nous avons dit que quand un manager se trouve devant certaines situations, il a toutes les options qui sont offertes, et le retrait de la Bourse d'Alger est l'une des options qui peut être offerte à Alliance ou toutes autres compagnies. Nous avons dit qu'il était nécessaire de réformer et de rendre cette bourse plus opérationnelle. Aujourd'hui, la bourse pose des problèmes que nous discutons souvent avec les acteurs de cette bourse y compris les banquiers et les cadres du ministère des Finances. Ce qui est important de dire c'est qu'il n'est pas question du retrait d'Alliance, mais plutôt des annonces qui ont été faites qui donnent plus d'espoir, par exemple l'arrivée de 8 titres publics, aussi l'orientation donnée dernièrement par le président de la République à la fin de l'année 2014 pour relancer le marché financier. La nécessité aujourd'hui de reprendre l'économie et de la rendre plus adaptée à la conjoncture, me félicitant de la déclaration faite par le Premier ministre, lundi, où il a dit que «aujourd'hui l'entreprise doit revenir au c?ur de la politique économique», sans citer ni le secteur privé ni public, je pense que maintenant le cap est tracé. Nous savons où nous allons. Aujourd'hui, la nomination d'un technicien en la personne de Abderrahmane Benkhalfa à la tête du ministère des Finances peut apporter une nouvelle dynamique au secteur. Son prédécesseur Mohamed Djellab avait commencé à faire des choses, il faut le reconnaître certes, mais nous pensons que Benkhalfa connaît mieux le secteur des Finances et qu'il pourra mettre du rythme. Les nouvelles nominations des entreprises publiques peuvent apporter un vent nouveau. Tous ces éléments constituent un nouveau puzzle de l'économie nationale, je parle aussi des nouvelles réductions d'impôts des BS qui ont été annoncées créant un mouvement qui se fait sur l'économie nationale et la réforme de la Bourse en constitue une partie. Nous avons un bon espoir que la réforme du marché financier et l'arrivée de nouveaux acteurs va nous impulser cette dynamique qui nous permettra, non seulement, de rester dans la Bourse mais aussi d'inciter les autres à venir. Cependant, nous nous donnons le temps de regarder ce qui va se passera dans les mois à venir. De nouvelles assurances étrangères vont entrer en Algérie, comment allez-vous gérer cette concurrence ' La concurrence a été toujours un moteur de motivation pour nous, l'arrivée des concurrents étrangers ne fait pas peur, mais dans un pays ou dans un secteur, il faut accepter les règles du jeu, il faut un arbitre indépendant et il faut qu'il y ait de l'équité. C'est presque déloyal de ramener des étrangers et leur offrir des réseaux bancaires et des avantages et se dire «aller faire la concurrence». Aujourd'hui les conditions d'une concurrence équitable et réelle ne sont pas réunies, c'est pour ça que nous avons dit et nous le répétons qu'il faut une réforme en profondeur de la loi sur les assurances. En 1995, il y a eu l'ouverture et en 2006 la révision et je pense qu'après 20 ans, il est temps qu'il y ait une révision pour plus de flexibilité et plus de soutien pour le secteur privé national. Notre souhait, qui est le souhait des membres du FCE et de tous les grands entrepreneurs dans ce pays qui créent de la valeur et de la richesse, c'est de libérer les initiatives, mettre des règles du jeu claires, équitables et permettre une concurrence saine. C'est ça qui pourra aussi réformer les textes qui pourront donner la possibilité aux assureurs de participer activement dans l'économie réelle, dans la création d'emplois et dans la diversification économique. Aujourd'hui, les textes comportent beaucoup de contraintes et plusieurs gestions administratives, d'ailleurs, le Premier ministre a fait une déclaration révolutionnaire pour les chefs d'entreprise, où il a dit «l'Administration n'a rien à voir dans la gestion de l'économie et de l'entreprise, l'économie est une affaire d'entreprise, et l'administration doit jouer le rôle du régulateur et ne plus jouer le rôle de gestionnaire direct». Quelle est la politique de développement que votre assurance va adopter sur le marché ' Nous souhaitons nous développer beaucoup plus rapidement, mais nous avons des contraintes majeures réelles, notamment sur la réglementation, sur les intermédiaires en assurance et la création de nouvelles Agences générales des assurances (AGA). La réglementation a été adoptée dans la foulée de la loi 95/07 qui était très contraignante et répondait à un besoin à l'époque de donner la chance au secteur public de recycler un certain nombre de personnels. Aujourd'hui, nous demandons et insistons auprès des autorités à travers l'Union des assureurs et réassureurs (UAR) et à travers nous-mêmes d'assouplir les conditions d'accès au métier d'agent général d'assurance. A mon avis, l'Algérie avec un assouplissement rapide de textes pourra créer, en 3 ans, 100 000 nouveaux emplois pour les jeunes et notamment pour les jeunes universitaires. Nous avons une agence d'assurance pour 28 000 habitants, la norme internationale c'est une agence pour 5 000 habitants, la conséquence de cet assouplissement c'est que nous pourrons offrir jusqu'à 5 000 emplois directs et peut-être quelques centaines de milliers d'emplois indirects, de développer le chiffre d'affaire et la culture d'assurance chez les Algériens, parce qu'il y aura des jeunes qui seront formés, qui peuvent aller conquérir le marché, expliquer et valoriser leur métier. Nous avons eu des discussions avec les responsables du ministère des Finances chargés des dossiers des assurances où l'ambiance est favorable, et nous pensons que nous pouvons allons avancer avec eux mais nous souhaitons que ça aille un peu plus vite parce que nous perdons beaucoup de temps, et nous avons besoin de réformes très importantes parce que l'Algérie a besoin de se développer rapidement et dans tous les domaines. Comptez-vous lancer une formule spéciale presse ' Nous pourrons y penser, d'ailleurs nous avons des relations très cordiales avec la presse, ils nous ont aidés dans toutes les conquêtes, nous avons réalisé beaucoup de victoires grâce aux soutiens des gens de la presse. C'est une très bonne idée que je vais proposer et discuter avec mes services technique et commercial, et peut- être nous ferons une belle annonce à l'occasion de la Journée de la presse le 22 octobre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawel Hami
Source : www.lnr-dz.com