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La collection «Tin Hinan» de retour au Bardo avant la fin de l'année



Le collection muséale «Tin Hinan», composée du squelette, des bijoux et du mobilier funéraire de la reine touarègue, sera de retour au musée public national du Bardo avant la fin de l'année en cours, a annoncé à l'APS Tidjedam Khalifa, responsable de la communication et de l'animation de cet établissement.Le Bardo, qui a rouvert ses portes aux visiteurs récemment, après près de six mois de fermeture dans le cadre des mesures de lutte contre la propagation du coronavirus, prévoit le retour de cette collection qui a été retirée du musée en 2006, avant le début des travaux de réhabilitation.
Selon Tidjedam Khalifa, la collection «Tin Hinan» n'a pas été exposée depuis la fin des travaux en 2013 pour «absence de moyens techniques nécessaires à une exposition idéale et aux normes mondiales en adéquation avec l'importance de cette collection».
Découvert en 1925 lors d'une fouille archéologique franco-américaine dans la localité d'Abalessa (80 km du chef-lieu de la wilaya de Tamanrasset), le squelette de Tin Hinan, daté du IVe siècle, a été transféré aux Etats-Unis avec les bijoux et le mobilier funéraire pour revenir au musée du Bardo à Alger cinq ans plus tard.
Selon les récits, chants et légendes de la région, Tin Hinan, dont le nom voudrait dire «celle des tentes ou celle qui vient de loin», serait venue depuis la région du Tafilalt (sud-est du Maroc actuel) et a été élue tamenokalt de l'Ahaggar (l'équivalent de chef de plusieurs tribus). Depuis sa réouverture, le musée du Bardo a adopté des mesures préventives comme la limitation du nombre de visiteurs et la suspension des visites de groupes d'étudiants et d'écoliers en plus de l'obligation du port du masque, de désinfection des mains et des chaussures, et de prise de température. L'établissement a également élaboré un parcours marqué au sol pour respecter la distanciation nécessaire entre visiteurs.
Le nombre de ces derniers reste cependant «modeste comparativement à l'affluence d'avant la fermeture» en mars dernier, indique Tidjedam Khalifa, précisant que «la grande majorité des visiteurs sont des habitants de la capitale». Le musée du Bardo est ouvert tous les jours, à part les vendredis et samedis, de 09h00 à 16h00. Les droits d'accès sont fixés à 200 DA pour les 16-65 ans et gratuits pour les autres tranches d'âge.
La période de fermeture a été cependant mise à profit par la direction du musée afin de restaurer des parties endommagées de la bâtisse et d'organiser des visites virtuelles de ses expositions permanentes et temporaires et des ateliers pédagogiques pour enfants sur les réseaux sociaux.
Bâti à la fin du XVIIe siècle pendant la régence d'Alger, il devient musée de préhistoire et d'ethnographie en 1930 sous la colonisation française. En plus de la collection «Tin Hinan», le musée du Bardo est également connu pour son exposition dédiée à la préhistoire et aux résultats des différentes fouilles archéologiques opérées en Algérie. Il propose aux visiteurs des objets recueillis du bassin archéologique de Aïn Lahnèche, non loin de Sétif, et qui témoignent d'une présence humaine remontant à plus de 2,4 millions d'années.
Ce site de Aïn Lahnèche est considéré comme le deuxième plus ancien site d'occupation humaine au monde après celui de Gona, en Ethiopie, daté de 2,6 millions d'années. Le musée expose également la mandibule de l'Atlanthropus mauritanicus découvert dans le bassin archéologique de Tighennif, à Mascara, et qui est considéré jusqu'à aujourd'hui comme le premier humain en Afrique du Nord.
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