Un organisme autonome pour gérer la Zakat
Le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Bouabdellah Ghlamallah, a confirmé implicitement, hier, les gros soupçons qui pèsent quant à l’usage qui aurait été fait de l’argent de la Zakat.
En lançant, hier, la sixième campa-gne de sensibilisation au Fonds de la zakat à Dar El-Imam, à Mohammadia dans la wilaya d’Alger, M. Bouabdellah Ghlamallah a annoncé que cet argent serait géré désormais par une structure indépendante pour garantir plus de transparence. Pour ce faire, il a déclaré qu’une «réflexion» est engagée en vue de transformer ce Fonds en «un organisme administratif autonome à caractère économique». Le ministre suggère de facto que les cadres de son département soient écartés de la gestion de cette manne comme sans doute du Hadj et de la Omra.
Cet organisme sera composé en grande partie de donateurs de la Zakat, et aura la charge de collecter, distribuer et rationaliser l’utilisation des recettes de la Zakat. Le ministre a insisté sur le fait que la relation entre les donateurs, les distributeurs et les bénéficiaires doit être «empreinte de transparence et de confiance mutuelle». Tel ne semble pas être le cas jusqu’à présent puisque des sources informées confient que les inspecteurs généraux des Finances (IGF) sont en train d’éplucher les comptes de la direction du Hadj, de la Omra et du Fonds de la Zakat, sur la base de soupçons de détournements. L’affaire est d’autant plus importante qu’elle se chiffre en milliards de centimes. Eu égard à ces fuites organisées (?) à propos d’éventuels abus, M. Ghlamallah n’a pas trouvé mieux que de souligner les bienfaits de la Zakat «un devoir religieux et un acte de solidarité sociale qui contribue à la lutte contre la pauvreté et les maladies et aide à prémunir la société contre le besoin», pour espérer attirer les bienfaiteurs. Et d’insister sur la nécessité de sensibiliser la société à l’importance du troisième pilier de l’Islam, en expliquant que «la Zakat n’est aucunement une extorsion, mais un droit que le Tout-puissant a garanti aux pauvres et aux nécessiteux». Créé en 2003, le Fonds de la zakat a encore besoin de soutien, a noté le ministre. Pour sa part, le directeur des Affaires religieuses de la wilaya d’Alger, M. Lazhari Messaâdi, a présenté un bref exposé sur l’activité du Fonds de la zakat depuis sa création, précisant à ce titre que 37,5% des fonds collectés ont été attribués «aux jeunes chômeurs pour les aider à monter des micro-entreprises». Reste à connaître les conclusions des enquêtes diligentées par les pouvoirs publics pour faire un bilan exhaustif de la Zakat.
Amine Makri
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com