Alger - Revue de Presse

La classe politique commente les deux attentats terroristes



Les luttes internes décriées Les deux attentats terroristes commis en l’espace de vingt-quatre heures à Batna et à Dellys ont littéralement fait sortir de leurs gongs une large majorité de partis politiques qui voient dans ces agressions contre des civils une «atteinte à la stabilité» et une «menace contre le développement économique et social» du pays. D’autres par contre, nuancent leurs propos et rejettent la responsabilité sur le gouvernement qui n’a rien fait pour stopper cette spirale de la violence. Le FLN, le parti au pouvoir, est quant à lui persuadé que ces deux attentats sont l’apanage de «cercles occultes liés à l’étranger» et qui ne veulent pas de la stabilité politique et économique du pays. Son porte-parole, Saïd Bouhadja, estime que les deux attentats qui ont ciblé des «victimes innocentes» ont été perpétrés dans l’espoir de stopper l’élan de l’Algérie qui a engagé, selon un lui, un processus de développement tant au plan économique que social. «Les terroristes, qui ont compris qu’il n’ont pas réussi à stopper le développement du pays et les avancées remarquables enregistrées dans tous les domaines de la vie quotidienne, tentent de frapper le pays par des opérations kamikazes de large portée médiatique et montrer ainsi à l’opinion nationale qu’il n’existe ni stabilité ni sécurité dans le pays ni encore moins de réconciliation nationale», indique ce responsable du parti qui ajoute que ces actes terroristes sont aussi «destinés à faire fuir les investissements étrangers». En tout état de cause, commente Saïd Bouhadja, les groupes terroristes, qui ont constaté que les citoyens de l’Est ont montré leur solidarité à leur Président qui se déplace partout dans le pays et en «toute tranquillité», comme s’il se déplaçait «chez lui à la présidence», n’ont plus aujourd’hui «aucune justification politique» qui explique leurs opérations terroristes. Le chef de file du groupe parlementaire du RND et également porte-parole, Miloud Chorfi, affirme quant à lui que ces deux attentats terroristes, qui sont le fait de réseaux, «ne sauront entamer les choix de l’Etat algérien vis-à-vis de ce phénomène, que ce soit la réconciliation nationale ou la lutte implacable contre les résidus du terrorisme». Dans ce cadre, le RND appelle l’ensemble de la classe politique à «dénoncer le terrorisme» dans le cadre d’un «consensus national» sans que cela serve à des «arrière-pensées politiques». Enfin, le parti de Ahmed Ouyahia appelle à «l’intensification de la lutte antiterroriste» au même titre que «l’application du processus de la politique de réconciliation nationale». Le parti de Louisa Hanoune fait une lecture politique des deux attentats terroristes. Dans un long communiqué transmis à la rédaction, ce parti, qui s’adresse directement aux commanditaires de cet attentat de Batna par cette phrase: «Bas les pattes devant notre pays!», s’interroge ensuite sur ces actes: «Mais qui veut donc démanteler l’Etat algérien et à quels desseins? Et pourquoi veut-on faire sombrer notre pays dans le chaos et qui y a intérêt?» Selon le PT, c’est d’une gravité sans précédent car «un pas de plus et qualitatif vient d’être franchi», aussi tient-il à affirmer que c’est aux Algériens et à eux seuls de «définir les instruments politiques à même de restaurer la paix durable et véritable dans leur pays». Le PT n’en pense pas néanmoins que c’est pour la deuxième fois en quatre mois et en attendant de se prononcer sur l’ensemble des éléments que «c’est l’Etat algérien qui était la cible d’une opération qui visait cette fois-ci son plus haut sommet», remettant ainsi au goût du jour les luttes claniques qui se disputent la succession du pouvoir. Le RCD fait la même lecture que lors de l’attentat ayant ciblé le mois d’avril le Palais du gouvernement. Le chargé de la communication, Mohsen Bellabes, pense que ces attentas ne sont pas le fruit du hasard. «C’est, dit-il, le résultat préalable de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, passée en force sans débat ni avec la classe politique ni avec la société civile qui a permis aux groupes terroristes de profiter de cette accalmie pour mener des actes barbares visant uniquement les civils». Ce dernier ne comprend pas pourquoi et alors «qu’on s’attendait, ajoute-t-il, à une offensive des services de sécurité» contre le terrorisme, surtout après «le discours du 5 juillet dernier», que la lutte antiterroriste soit «restée insuffisante» sauf à Yakouren. Le président du FNA, Moussa Touati, tout en condamnant ces actes terroristes, donne une lecture lucide des événements en les plaçant dans leur contexte propre. «Le peuple algérien lutte contre ces pratiques depuis 1988 et je profite pour dénoncer les personnes qui sont derrière ces événements. Qu’elles se ressaisissent car l’Algérie d’aujourd’hui a énormément progressé. L’Algérie n’est plus entre les mains d’une seule caste ou d’un seul groupe. Le peuple ne doit pas devenir l’otage de ces groupes. Mais ce qui s’est passé récemment est le fait de l’incompétence d’une gestion sécuritaire qui a montré toutes ses limites». Saïd Farhi
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)